Paris : Les ménages fuient la capitale pour aller toujours plus loin

DEMOGRAPHIE Paris attire les jeunes, mais dès 30 ans, les ménages ont tendances à déménager vers les petite et grande couronnes

G. N.
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A partir de 30 ans, les ménages ont tendance à faire leurs cartons pour les communes franciliennes (illustration).
A partir de 30 ans, les ménages ont tendance à faire leurs cartons pour les communes franciliennes (illustration). — GILE MICHEL/SIPA
  • Paris se vide de ses habitants, constate une étude de l'Institut Paris Région.
  • En se basant sur les données du recensement de 2016, les plus récentes, Alexandre Floury et Juliette Dupoizat, constatent que « Paris perd des ménages dans ses échanges avec la petite couronne (- 8.600 ménages) ».
  • Les deux chercheurs analysent ainsi un « mouvement de desserrement des ménages du centre vers la périphérie ».

 

Voilà qui donnera du grain à moudre à ceux qui dénoncent une capitale qui se meurt. Paris se vide de ses habitants, constate une étude de l'Institut Paris Région. Alors, bien sûr, ce n’est pas l’exode de 1940, mais ça reste significatif. En se basant sur les données du recensement de 2016, les plus récentes, Alexandre Floury et Juliette Dupoizat, constatent que « Paris perd des ménages dans ses échanges avec la petite couronne (- 8.600 ménages) ». Certes, et de manière un peu contre-intuitive de prime abord, il gagne 2.600 ménages en provenance de la grande couronne, mais la balance reste déficitaire.

Et à son tour, la petite couronne perd des ménages, mais moins qu’elle n’en reçoit de Paris, au profit de la grande couronne avec 5.900 déménagements en ce sens. Les deux chercheurs analysent ainsi un « mouvement de desserrement des ménages du centre vers la périphérie ». D’ailleurs ce « desserrement se prolonge en grande couronne, où les communes appartenant à l’agglomération de Paris perdent 3.000 ménages au profit des autres territoires de la grande couronne ».

Déménager loin pour avoir un meilleur logement

Ces mobilités entre territoires de l’agglomération parisienne semblent de plus s’inscrire dans le cycle de la vie. Ce sont les jeunes ménages dont la personne de référence a moins de 25 ans, qui ont le plus tendance à s’installer à Paris, pour les études ou parce que les opportunités d’emploi y sont plus nombreuses. Mais à partir de 30 ans, à mesure qu’ils s’agrandissent, « les ménages s’éloignent graduellement du cœur de la région ». Dans le détail, « Paris gagne des jeunes ménages de moins de 30 ans avec le reste de l’Île-de-France (+ 4.400) et en perd dès 30 ans (solde de – 10.000 ménages entre 30 et 65 ans) ».

Soldes des échanges résidentiels de ménages entre grands territoires franciliens.
Soldes des échanges résidentiels de ménages entre grands territoires franciliens. - Institut Paris Région

Cette fuite des trentenaires et plus vers l’extérieur s’explique, selon les auteurs de l’étude, parce que « l’offre de logements de grande taille, souvent en maison individuelle, est plus importante et plus abordable ». Imparable. Et la tendance est d’aller toujours plus loin puisque Paris et la petite couronne sont en déficit de 6.800 ménages avec la grande couronne et que « les communes rurales et périphériques sont quant à elles nettement excédentaires dans leurs échanges avec les autres territoires de grande couronne (+ 2.200) ». Enfin et signe d’une certaine gentrification, « contrairement au début des années 2000, Paris perd davantage de ménages avec la Seine-Saint-Denis qu’avec les Hauts-de-Seine ».