« On en profite pour conseiller d'utiliser moins de pesticides »

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Valérie Facy se souvient encore du jour où l'une de ses filles, alors âgée de 4 ans, s'est mise à courir après un papillon dans le jardin familial à Meudon (Hauts-de-Seine), criant « Un tircis ! Un tircis ! » C'était il y a deux ans, cette mère de famille venait tout juste de s'inscrire à l'Observatoire. Aujourd'hui, ses deux filles « connaissent le nom d'une dizaine d'espèces », soit celles qu'elles ont pu observer dans le jardin. « Elles ont enrichi leur vocabulaire et développé leur sens de l'observation » se réjouit-elle.

Dominique Maure, qui possède un petit jardin attenant à un appartement en rez-de-chaussée dans le 17e, a eu moins de chance. « En un an, je n'ai vu qu'un seul papillon. Cela semble confirmer qu'il y en a de moins en moins. »

L'association Noé Conservation et le Muséum ont pu mesurer une marge d'erreur de seulement 5 % dans les rapports effectués par le grand public. Ce qui les incite à attirer de plus en plus de participants, et à diversifier les espèces à observer. « Plus on aura de retours, meilleures seront nos statistiques », relève Benoît Fontaine. Et plus la pédagogie sera efficace. « On veut montrer au public que, s'il met le nez dans l'herbe de son jardin, il va découvrir une véritable jungle, comme des escargots carnivores, ou d'autres à la coquille taillée comme une pierre. La vie y est foisonnante », s'enthousiasme Benoît Fontaine.

« On en profite aussi pour dire d'utiliser moins de pesticides, de laisser des orties dans les jardins. On amène le public à se poser des questions », ajoute Mathilde Renard. Et ça marche. Dominique Maure explique utiliser désormais de la bière pour éradiquer ses limaces. Valérie Facy met, elle, des coccinelles sur ses plantes au lieu de pesticides. Ce n'est pas encore le retour à la nature, mais cela en prend le chemin. ■M. B.