Paris : Une « Maison de Marion » pour les victimes de harcèlement scolaire ouvre ses portes

HARCELEMENT Une « Maison de Marion », réservée aux victimes de harcèlement scolaire, ouvre ses portes à Paris en cette journée nationale de mobilisation contre le harcèlement scolaire

20 Minutes avec AFP
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Enfant dans une école (illustration)
Enfant dans une école (illustration) — © MATHIEU PATTIER/SIPA

Une « Maison de Marion », réservée aux victimes de harcèlement scolaire, ouvre ses portes à Paris ce jeudi, pour la journée nationale de mobilisation contre le harcèlement scolaire. C’est le second établissement de ce genre en France.

Dans un grand appartement du 13e arrondissement, au dernier étage d’un centre maternel, l’association Marion la main tendue accueillera enfants et jeunes victimes de harcèlement à l’école, dès l’âge de 4 ans jusqu’à 23 ans, ainsi que leurs parents. Des « ateliers d’écriture et d’expression » seront proposés aux victimes, et pour les plus grands, « des ateliers de philosophie », précise Nora Fraisse, fondatrice de l’association. Ils seront notamment animés par une « psychologue clinicienne ».

Faire « cesser le continuum de violences »

Le combat de Nora Fraisse, dont la fille Marion, âgée de 13 ans et victime de harcèlement, a mis fin à ses jours en 2013, vise à « cesser ce circuit, ce continuum de violences ». Elle envisage d’ouvrir au moins 15 Maisons de Marion « partout en France » pour favoriser le « circuit court ».

La première Maison de Marion, ouverte à Orsay (Essonne) il y a un an, reçoit « entre 25 et 30 enfants » à la fois, qui peuvent être aussi « des harceleurs », souligne Philippe Decaudin, membre du conseil d’administration de l’association. Le but est de « faire en sorte qu’ils deviennent des leaders d’opinion » en les sensibilisant. Ces « ambassadeurs » sont aussi un moyen pour l’association d’intervenir « hors les murs », au cœur des écoles.

Autour de 700.000 enfants harcelés chaque année

Le harcèlement scolaire touche près d’un enfant sur dix en France. Mais selon Philippe Decaudin, le chiffre officiel (autour de 700.000 chaque année) est bien loin de la réalité. « On est plus près du million d’enfants harcelés », affirme-t-il.

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer et Dominique Versini, adjointe à la Mairie de Paris en charge des droits de l’enfant et de la protection de l’enfance, participeront à l’inauguration. La Ville de Paris, suite à l’adoption, en juin dernier, du Plan parisien de lutte contre les violences faites aux enfants, soutient ce projet en mettant gratuitement ces locaux à disposition.

L’association Marion la main tendue va par ailleurs lancer « KolibriApp », une application mobile gratuite à destination des enfants et des parents. Un système d’alertes permettra d’effectuer des signalements et de libérer davantage la parole.