Paris : Rachida Dati dénonce un projet de budget « insincère » et demande « une mise sous tutelle »

OPPOSITION La cheffe de l'opposition n'a pas mâché ses mots sur la gestion par la municipalité Hidalgo

G. N. avec AFP
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Rachida Dati s'attaque au budget de la mairie de Paris.
Rachida Dati s'attaque au budget de la mairie de Paris. — ISA HARSIN/SIPA

Rachida Dati, cheffe de file de l’opposition LR à la mairie de Paris, a dénoncé mardi en conseil municipal l'« insincérité » du projet de budget 2022. « Ce qui semble caractériser le DOB [débat d’orientation budgétaire] 2022, c’est son insincérité », a asséné la maire du VIIe arrondissement, estimant « à plus de 400 millions d’euros » un « manque à gagner » pour la Ville qui « fait peser sur le budget de fonctionnement un risque réel de déséquilibre, interdit par la loi ».

« Si tel était le cas », mettre la Ville « sous tutelle financière de l’État ne serait plus une option mais une obligation », a encore affirmé Rachida Dati, qui a écrit en ce sens au préfet de région Marc Guillaume, au ministre de l’Economie Bruno Le Maire et à celle des relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault, dénonçant « la dérive des finances de la collectivité parisienne ». Pointant une dette qui « a bondi de 95 % entre 2013 et la fin 2021, passant de 3,6 […] à 7,1 milliards d’euros », l’élue LR demande aussi à Bercy de « surseoir à toute nouvelle autorisation dérogatoire en matière de loyers capitalisés », opération consistant pour la Ville à demander à ses bailleurs sociaux la totalité des loyers dus sur plusieurs dizaines d’années.

Une « manœuvre à la limite de la légalité »

Dans son rapport d’orientation budgétaire pour 2022, la Ville a prévu une nouvelle opération de conventionnement de logements sociaux qui lui rapporterait environ 500 millions d’euros, « la dernière de cette ampleur » avant que ces recettes ne retombent à une moyenne d’environ 40 millions par an « à partir de 2025 ». Mais pour Rachida Dati, « cette manœuvre est à la limite de la légalité » et « porte le risque de financer les dépenses de fonctionnement par l’emprunt en contournant la règle d’or des finances publiques locales ».

Reposant sur le « principe d’une recette d’avance plutôt que des recettes annuelles », le recours aux loyers capitalisés « a été autorisé six fois de suite par les gouvernements successifs », lui a répondu l’adjoint aux finances Paul Simondon (PS) pour qui cette opération « ne coûte pas un euro à l’Etat » et permet à la Ville d’investir « sur les espaces publics » autour des logements sociaux. « Il n’y a pas de fragilisation des bailleurs », a ajouté Paul Simondon, prenant l’exemple de Paris Habitat qui a « augmenté de 20 % son effort sur les travaux ».