Paris : Stéphane Bern quitte la capitale, « devenue une poubelle »

DEMENAGEMENT L’animateur chargé d’une mission de sauvegarde du patrimoine dénonce dans un entretien au Parisien un « laisser-aller général », tout en ménageant la maire Anne Hidalgo

X. R.
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Stéphane Bern, qui fête ses 58 ans ce dimanche, a vécu presque toute sa vie à Paris.
Stéphane Bern, qui fête ses 58 ans ce dimanche, a vécu presque toute sa vie à Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

Sur le point de fêter ses 58 ans, Stéphane Bern a vécu la majeure partie de sa vie à Paris. Mais après deux confinements passés dans le Perche, où il possède l’ancien collège royal et militaire de Thiron-Gardais (Eure-et-Loir), l’animateur a décidé de quitter définitivement la capitale le mois prochain. Il s’en explique dans un entretien accordé au Parisien, dénonçant les mauvais comportements du quotidien et une ville qui s’est « enlaidie ».

C’est la crise du coronavirus qui a joué le rôle de « déclencheur », avec l’expérience d’une vie quotidienne à la campagne qui le rend « plus heureux ». Mais surtout, l’animateur exprime son ras-le-bol envers les Parisiens eux-mêmes. « Il faut entendre comme les gens se parlent. La circulation est une source inouïe de tensions. » Cyclistes qui ne respectent aucune règle, trottinettes « abandonnées n’importe où », scooters, voitures… Difficile de donner tort au « monsieur Patrimoine », qui demande de penser « un peu aux personnes âgées, aux handicapés, aux enfants » dans le partage de l’espace urbain. « Pour ce qui est du vivre-ensemble, on a tout lâché », regrette-t-il.

Mais Stéphane Bern va plus loin, dénonçant une ville « poubelle où les gens se débarrassent de tout, n’importe où » et dit craindre pour le mobilier urbain, citant les exemples des bancs Davioud ou des fontaines des Champs-Elysées. « C’est quand même affreux », juge l’animateur, qui regrette aussi les anciens kiosques à journaux et la destruction de « notre patrimoine visuel ». Stéphane Bern ne charge pas la maire Anne Hidalgo, assurant entretenir « des relations presque amicales avec elle ». Pour lui, les principaux responsables sont « d’abord les usagers », alors que l’édile « ne peut pas mettre un cendrier et une poubelle derrière chaque habitant ».

L’animateur se place tout de même en relais du mouvement #SaccageParis sur Twitter, qu’il qualifie de « lanceurs d’alerte », dénonçant un « chantage » que feraient les écologistes à la Mairie et une « bétonisation » grandissante. Il appelle ainsi la maire de Paris à « réveille[r] la beauté de cette ville » en vue des Jeux olympiques de 2024, refusant de « considérer que les citoyens qui défendent le patrimoine sont d’affreux conservateurs, ou des suppôts de l’extrême droite ».