Paris : Îlots de fraîcheur, permis de construire vertueux, logements sociaux… Comment transformer la capitale dès 2024

URBANISME La transformation de Paris sera un « urbanisme de dentelle » selon Emmanuel Grégoire au regard de la densité de la capitale

Romarik Le Dourneuf
Le site de la Tour Eiffel va voir passer la vague de végétalisation souhaitée par la mairie de Paris. (Illustration)
Le site de la Tour Eiffel va voir passer la vague de végétalisation souhaitée par la mairie de Paris. (Illustration) — A.Gelebart/20 Minutes
  • Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Mairie de Paris, en charge de l’urbanisme, présentait ce jeudi le nouveau Plan local d’urbanisme « bioclimatique » qui devrait entrer en vigueur en 2024.
  • Les priorités définies par ce PLU sont le développement des espaces verts et des îlots de fraîcheur en prévision du réchauffement climatique, et une nouvelle offre de logements pour préserver la mixité sociale de Paris.
  • Les permis de construire seront conditionnés à une offre vertueuse qui devra profiter à la capitale.

« Nous devons refabriquer la ville sur elle-même. » Ce mardi, Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo en charge de l’urbanisme, a amorcé la présentation du futur Plan local d’urbanisme (PLU) par ce constat : en 2040, 90 % du Paris existant sera toujours là. « Il faut cesser de jeter, de démolir, il faut transformer et magnifier ce qui existe. »

En suivant les 6.000 contributions de la concertation publique effectuée en début d’année, d’où ont émergé « la préservation et le développement des espaces verts » et la quête de « logements à prix abordable », la municipalité a présenté six grandes orientations pour ce PLU « bioclimatique » qui doit succéder au précédent « obsolète » qui date de 2006.

Priorité au logement social et aux espaces verts

Tout le travail d’urbanisme devra désormais s’effectuer au service de la transition écologique pour « adapter Paris au réchauffement climatique », a précisé le premier adjoint. Cette transformation, qui doit mener à la neutralité carbone, passera par une « désartificialisation des sols qui doit s’intensifier ». En plus du développement de la « pleine terre » dans la capitale, Emmanuel Gregoire a déclaré vouloir lutter contre les îlots de chaleur dans Paris. Ainsi, les bois seront protégés, « hors de question d’y construire quoique ce soit », la végétalisation de Paris va s’intensifier, et la Bièvre fleuve enterré depuis 1912, pourrait même réapparaître à ciel ouvert. Toutes les solutions sont envisagées pour créer des îlots de fraîcheur.

Des permis de construire « vertueux »

La question du logement devra prendre une place importante dans ce PLU. Emmanuel Grégoire insiste sur la volonté de la mairie de proposer plus de logements de qualité pour tous dans la capitale : « C’est indispensable pour garder notre mixité sociale, unique au monde, les gens qui contribuent à la ville du quart d’heure doivent pouvoir y vivre. » Cette vision de la ville implique également de conserver les commerces de proximité. « Depuis 2015, 1/8e des commerces de Paris Centre ont été transformés en meublés touristiques », regrette-t-il.

Tous ces enjeux environnementaux et sociaux justifient la mesure choc de ce nouveau plan. Pour obtenir un permis de construire, un promoteur devra démontrer que son projet « contribue à rendre Paris plus viable et plus résiliente ». Ainsi, grâce à une grille d’évaluation remplie par la ville, si le promoteur ne peut « montrer les effets vertueux » de sa construction sur la parcelle d’un quartier, il devra s’engager à financer toute ou partie d’un autre projet de la ville, comme la rénovation énergétique d’un bâtiment. « En plus des ces effets positifs, ce plan aura aussi pour avantage de clarifier les règles du jeu de la construction », a promis Emmanuel Grégoire.

L’adjoint a également tenu à rassurer les Parisiens soucieux du patrimoine urbain de la ville. Ainsi le « respect de l’héritage parisien » est inscrit dans les grandes orientations du PLU Bioclimatique qui devrait entrer en vigueur en 2024 : « Il n’est pas question de dénaturer Paris, nous voulons garder l’identité des quartiers. »