Paris : Véligo part à la chasse aux professionnels de la location

SANCTION Sont visés par Véligo, sans les nommer, les livreurs des plateformes de restauration

Guillaume Novello
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Véligo veut réserver ses vélos aux particuliers.
Véligo veut réserver ses vélos aux particuliers. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Véligo a décidé de contrôler l’usage de ses vélos à assistance électrique pour empêcher tout usage professionnel. En ligne de mire, les livreurs de plateformes.
  • Confrontée à une situation similaire, Vélib' a restreint le nombre de trajets quotidiens en deux-roues électriques.
  • L’élu Sylvain Raifaud, président de Vélib', pointe la responsabilité des plateformes qui devraient fournir un outil de travail, à savoir un vélo, à ses livreurs.

Véligo ne veut plus que les livreurs lui sucent la roue. Dans une communication à ses abonnés, le service de location de vélos à assistance électrique rappelle que « lorsqu’un usager souscrit au service Véligo Location, il s’engage à utiliser le vélo exclusivement en qualité de particulier ». Et non, dans un but professionnel, car rappelle le service, « les modèles conçus l’ont été pour un usage familial et non un usage intensif et professionnel ». Or Véligo constate que « certains utilisateurs ne respectent pas cette condition ». Sont ainsi visés, sans les nommer, les livreurs des plateformes de type Deliveroo, UberEats, etc.

Pour y faire face, le service d’Ile-de-France Mobilités annonce la mise en place d’un « contrôle des distances parcourues et du nombre de trajets effectués par vélo ». Pour rappel et selon le règlement d’utilisation, il est interdit d’effectuer plus de 300 km par semaine, ainsi que 70 trajets sur la même durée. De fait, si Véligo constate « un usage professionnel » ou un dépassement de ce plafond, il prévoit de « couper l’assistance électrique et résilier immédiatement le contrat ». Une méthode pour le moins radicale.

Velib limite l’usage de ses vélos électriques

Le service Vélib' a également été confronté à cette problématique. « On a constaté que notre flotte de vélos électriques étaient extrêmement sollicitée, développe Sylvain Raifaud, président d’Autolib-Velib-Métropole. On a donc décidé de la renforcer en passant de 35 % à 40 % de la flotte totale. » Les équipes Velib se sont également aperçues que 1 % des utilisateurs effectuait 10 % des courses, très certainement pour un usage professionnel. Afin de rendre les « vélos électriques plus facilement disponibles », a donc été décidé, lors de la mise à jour des conditions tarifaires en août dernier, la limitation, pour les abonnements Vmax (8,30 euros par mois), à deux trajets par jour en vélo électrique. Au-delà, il faut à présent débourser un euro par trajet supplémentaire.

« Nous avions aussi la possibilité de créer une offre spécifique pour les professionnels, ajoute Sylvain Raifaud. Mais nous n’avons pas, aujourd’hui, la flotte suffisante pour supporter cet usage. D’autre part, les communes membres du syndicat Velib ne souhaitaient pas subventionner la livraison privée de repas à domicile. » Au-delà de ces limitations, le président d’Autolib pointe « la responsabilité des plateformes qui se cachent derrière le statut d’auto-entrepreneur ». Pour lui, c’est du salariat, et comme tout employeur, les plateformes sont tenues de mettre à disposition des outils de travail, à savoir des vélos, à leurs salariés. Il est d’ailleurs cocasse de voir des livreurs UberEats circuler dans les rues de Paris en Velib et en Veligo alors qu’Uber propose, via son partenariat avec Lime, une offre de vélos électriques en free-floating…