Tour Eiffel : Un avenir en vert pour la Dame de fer

DAME DE VERT Le premier coup de pioche du projet Grand site tour Eiffel devrait être donné au second semestre de 2022

Romarik Le Dourneuf
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Voici un aperçu du parvis de la tour Eiffel après sa végétalisation.
Voici un aperçu du parvis de la tour Eiffel après sa végétalisation. — Gustafson Porter + Bowman
  • Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo en charge de l’urbanisme, a dévoilé les grandes lignes du projet Grand site tour Eiffel.
  • La priorité est donnée à la piétonnisation et à la végétalisation du lieu.
  • Avec un budget de 107 millions d’euros, les travaux devraient commencer à la fin de l’année 2022 et se termineront après les Jeux olympiques de 2024.

Paris continue de verdir. Plan phare de cette mandature d’Anne Hidalgo, la végétalisation de la capitale ne pouvait pas oublier la tour Eiffel. Ce mercredi, à quelques jours de la fin de la  participation du public par voie électronique (PPVE), le 17 novembre, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme, a présenté les grandes lignes du projet Grand site tour Eiffel.

« Avec 7 millions de visiteurs qui montent dans la tour chaque année, et 20 millions de touristes qui viennent sur le site, les conditions actuelles ne permettent plus d’accueillir tout le monde de manière correcte », a-t-il précisé avant de définir les axes qui définissent ce projet : offrir davantage d’espaces aux piétons, développer la place de la nature et mettre en valeur la perspective Trocadéro – tour Eiffel – École militaire.

Piétonnisation et végétalisation

Pour réaliser ce gigantesque chantier, le jury et la commission d’appels d’offres ont choisi le projet « OnE I » de l’agence Gustafson Porter + Bowman. Celui-ci propose de donner plus de place aux piétons dès la place du Trocadéro-et-du-11-Novembre qui devrait voir son rond-point coupé pour la relier directement à l’esplanade par un grand espace vert. Les piétons ne sont pas les seuls bénéficiaires de ce programme puisque les mobilités douces, comme le vélo et les transports en commun gagneront des espaces dédiés.

L’avenue des Nations-Unies, qui traverse les jardins du Trocadéro, le pont d’Iéna et les voies qui le séparent de l’esplanade des Ouvriers-de-la-Tour-Eiffel seront réservés aux piétons, cyclistes et bus.

A l’exception d’une voie en surface sur le quai Jacques-Chirac, les voitures et motos devront passer par les voies souterraines. Même scénario de l’autre côté de la tour Eiffel pour la place Jacques-Rueff, selon Emmanuel Grégoire : « Ce lieu qui draine tant de touristes, dont beaucoup s’arrêtent pour les photos, ne pouvait pas rester ouvert à la circulation. » Le projet devrait ajouter 35.000 m² de voies pour les piétons, vélos et transports en commun.

Le côté sud de la tour Eiffel aussi devrait subir un petit lifting. L’espace entre la place Jacques-Rueff et la tour Eiffel sera verdi, comme tous les alentours de la Dame de fer. « On ne veut pas renoncer à la vision de corridor vert du Trocadéro à l’École militaire », c’est pourquoi 222 arbres seront plantés sur cette zone, moins les 42 qui devraient être abattus pour l’occasion, précise Emmanuel Grégoire. En tout, 17.000 m² d'espaces verts seront ajoutés sur le secteur. 

Le Champ-de-Mars sera épargné par les grands travaux, mais certaines améliorations seront menées. Les grandes allées qui le bordent verront leur sol stabilisé, « qui émet trop de poussière », remplacé par une matière « désactivée », un type de béton semi-perméable, pour permettre à l’eau de s’écouler. Ces grandes allées seront revégétalisées et elles accueilleront des abris pour remplacer les algécos qui se trouvent autour de la tour Eiffel, comme l’explique Emmanuel Grégoire : « Nous voulons dégager la robe de la tour. »

Début des travaux en 2022

La municipalité souhaite également redonner une couleur traditionnelle au Champ-de-Mars. Si elle souhaite conserver le mobilier historique du lieu, les bancs existants devraient être rénovés et de nouveaux bancs, toujours sur le modèle parisien classique seront installés. De la même manière, les kiosques qui accueillent les différents commerces seront remplacés. Un nouveau modèle, « inspiré des modèles historiques du site », sera mis en place dans une « volonté d’unification ». Leurs activités aussi seront revues pour adhérer davantage aux priorités de la ville (circuits courts, qualité des produits et économie sociale et solidaire).

Les pelouses devraient être épargnées, par les chantiers, d’abord, mais aussi par les événements qui ont lieu tout au long de l’année sur ce site. « Nous voulons créer des espaces spécifiques pour cela, un cadre favorable à la tradition d’événements du lieu, et éviter de voir la pelouse massacrée à chaque concert ou spectacles, précise Emmanuel Grégoire, qui se veut rassurant envers les riverains, il n’est pas question d’augmenter l’événementiel sur le Champ-de-Mars. »

Si de nombreux détails sont encore à définir, le budget total alloué devrait s’élever à 107 millions d’euros, pour des travaux qui débuteront au second semestre 2022, pour s’arrêter une première fois avant les Jeux olympiques de 2024, et reprendre dès la fin de la compétition.