Crack à Paris : Des collectifs écrivent à Macron pour s’opposer au projet de salles de shoot de la Mairie

REFUS Jean Castex avait donné son feu vert à l’implantation de nouvelles salles de consommation de drogues

G. N. avec AFP
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Une manifestation le 2 octobre contre le projet de nouvelles salles de consommation de drogues.
Une manifestation le 2 octobre contre le projet de nouvelles salles de consommation de drogues. — Olivier Coret/SIPA

Une vingtaine de collectifs et d’associations de riverains ulcérés par les nuisances du trafic de crack à Paris en appellent directement à Emmanuel Macron pour réclamer l’abandon des projets de salles de consommation de drogues, que la Mairie de Paris cherche à implanter avec l’assentiment de Matignon. « Qui dit "consommation de drogues" dit inévitablement "trafic" avec son cortège de nuisances », s’alarment les signataires de cette lettre, publiée mardi sur les réseaux sociaux. Ils réclament au président de la République « un engagement fort et rapide en vue d’une politique nationale qui ne se contente pas d’accompagner l’addiction de manière "sécurisée" ».

Tous s’opposent à la multiplication à Paris et en petite couronne de « Haltes Soin Addiction » (HSA) pour les usagers de crack, des lieux « prévus en zones d’habitations, d’écoles et commerces » et qui « seront en fait des salles de consommation "supervisée" », estiment-ils. « La consommation compulsive de cette drogue très addictive, amènera les usagers à se procurer sans discontinuer une nouvelle dose, à proximité des HSA où les dealers les attendront », craignent ces habitants.

Ils considèrent que « d’autres voies […] méritent d’être explorées », notamment « celle des communautés thérapeutiques » qui sont « éloignées des concentrations urbaines » et « permettent aux addicts de rompre avec les milieux de la consommation et du trafic, tout en assurant leur réinsertion sociale et professionnelle ».

Jean Castex favorable aux dispositifs

La nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale devrait bientôt permettre de créer de nouvelles salles de consommation à moindres risques, en plus des deux créées à Paris et Strasbourg à titre expérimental en 2016. De nouveaux lieux, rebaptisés HSA, pour lesquels la Mairie de Paris a exprimé son intérêt cet été. Début septembre, le Premier ministre Jean Castex a arbitré en faveur d’une prolongation de ces dispositifs, en s’appuyant sur le bilan « positif » des structures existantes, détaillé par l’Inserm et revendiqué par le ministère de la Santé, malgré l’opposition du ministère de l’Intérieur.

Longtemps concentré sur la « Colline du crack », située en bord de périphérique dans le nord de Paris, le trafic de ce dérivé fumable de la cocaïne est devenu beaucoup plus visible dans la capitale depuis l’évacuation définitive de ce terrain vague fin 2019. Les autorités repoussent les consommateurs d’un lieu vers l’autre, sans pouvoir arrêter le trafic. Depuis une énième évacuation fin septembre, les accros au crack errent entre la porte de la Villette dans le 19e arrondissement et les communes de Pantin et Aubervilliers, au nord-est de Paris.