Concours Lépine : Cinq inventions insolites, novatrices, sociales... qui nous ont tapé dans l'œil

TECHNOLOGIE Les lauréats de la 120e édition seront connus dimanche vers 19h30 au Salon d’automne de la Porte de Versailles (15e). En attendant, 20 Minutes vous présente cinq trouvailles qui valent le détour

Romarik Le Dourneuf
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Le pédalier Eveia permet de garder une activité physique tout en restant assis.
Le pédalier Eveia permet de garder une activité physique tout en restant assis. — R.Le Dourneuf

Créé en 1901 par le préfet Lépine pour booster l’économie et la créativité française, le concours éponyme continue de stimuler les «  Géo Trouvetou » de l’Hexagone. Loin de l’image des savants fous qu’ils peuvent traîner, ces inventeurs rivalisent d’ingéniosité et de technique pour proposer 302 produits, visibles jusqu’à dimanche 19h30 et la remise des prix aux lauréats.

De la boule explosive-extincteur à la bague qui remplace une carte bleue, en passant par la bache-panneau solaire pour recharger sa voiture électrique, les exposants racontent leur histoire et espèrent convaincre les 53 jurés de leur octroyer une médaille d’or, d’argent, de bronze ou le prix du président de la République. A la vue des talents de tout âge qui sont présents, le rôle du jury sera ardu. Hors de toute compétition, 20 Minutes met en lumière cinq inventions qui sortent du lot.

Eveia, le pédalier qui répond au télétravail

Vincent Fourdrinier avait-il anticipé la crise du Covid-19 ? On pourrait le croire au regard de l’invention, créée en 2017, qu’il présente cette semaine. Son pédalier connecté « Eveia » répond parfaitement à une des problématiques du télétravail : la sédentarité. « C’est une solution santé qui permet de faire bouger les gens, tout en restant à son bureau ou dans son canapé », explique l’inventeur. Même assis, il est donc possible de pédaler toute la journée. L’un des avantages de ce pédalier est qu’il dispose d’un système électrique qui permet d’initier le mouvement, et c’est ensuite l’énergie du pédalage qui entraîne la machine. Ainsi, l’utilisateur continue de pédaler doucement, sans risque de blessure, et finit même par l’oublier. Haut et long d’une trentaine de centimètres, et pesant 9 kg, le pédalier est mobile et s’adapte à différents environnements, comme le bureau. Deux applications, disponibles sur IOS, Android, et bientôt sur les PC et consoles de jeux, permettent d’un côté de compter les pas réalisés dans la journée, et de lancer des défis à ses amis sur cette même plateforme. De l’autre côté, pour ceux qui sont moins dans la performance, une application permet de visiter différents lieux, comme le grand canyon, tout en continuant d’effectuer ces mouvements. Vincent Fourdrinier promet des visites de musées à l’avenir. C’est aussi pourquoi il est déjà utilisé dans des Ehpad, où ses bienfaits sur la santé se couplent bien avec son côté ludique.

Aqwa Itineris, le camion-piscine pour apprendre à nager partout

Difficile de passer à côté de cette remorque de camion bleue au Salon d’automne. Le camion d’Aqwa Itineris se présente comme un centre aquatique mobile. Il s’agit d’une piscine de 8 mètres de longueur, pour 2 mètres de largeur, à l’intérieur de la remorque. Une vraie piscine. Avec l’eau chlorée, les vestiaires, la douche obligatoire et les maîtres-nageurs. Cette prouesse est réalisée grâce à deux « tiroirs » qui permettent au camion, une fois à l’arrêt, d’étendre sa surface. Partant du constat que 30 % des enfants ne savent pas nager en France – et même jusque 70 % dans certaines régions –, l’association Aqwa Itineris, créée par Jean-François Buisson, a pour but d’apporter la piscine dans les territoires où il n’y en a pas. Pas question ici de remplacer la piscine municipale, l’objectif est d’abord de permettre l’apprentissage de la natation aux enfants de tout âge, grâce à un ingénieux système de fond réglable allant de 5 cm pour les tout-petits à 1,20 m pour les plus grand. A la demande de collectivités, le camion peut même s’installer dans la cour d’une école et permettre des séances par groupes de 6 enfants. Il est également possible d’accueillir des adultes qui luttent contre l’aquaphobie et des groupes sensibles, comme des enfants autistes, car le camion offre un cadre particulièrement isolé et calme, et il permet aux parents et éducateurs de rester à un mètre des enfants.

Omni, la trottinette pour fauteuil roulant, mais pas que

La trottinette est un vaste objet de débat depuis quelques années. Pourtant, celle présentée par Omni devrait mettre tout le monde d’accord. La récente entreprise, créée par cinq jeunes, avait d’abord inventé un système qui permettait aux personnes en fauteuil roulant d’utiliser une trottinette électrique en la fixant sous leur siège. Mais parce qu’on est jamais mieux servi que par soi-même, Omni propose aujourd’hui son propre appareil. « Notre trottinette dispose d’un guidon rétractable pour être plus proche de la personne en fauteuil, pour plus de confort », explique Charlotte Alaux, co-fondatrice de la marque. Et le résultat est bluffant. En quelques secondes, la jeune entrepreneuse clipse la trottinette sous son fauteuil, parcourt quelques mètres et déclipse le tout. Elle ajoute : « Elle peut remplacer le vélo pour les personnes en fauteuil. Elle leur permet de passer plus facilement les obstacles comme les pavés, de circuler en ville sur les pistes cyclables et de remédier aux manques des transports en commun. »

Autre avantage de taille, le guidon peut se mettre en position droite pour une utilisation par les personnes valides, ce qui permet de la partager, par exemple dans un couple, ou une famille. Enfin, son prix, situé entre 1.389 euros et 2.000 euros, est nettement inférieur à celui d’un fauteuil électrique ou d’une motorisation adaptée.

Pantalelle, le pantalon pour faire pipi debout comme une vraie fille

Un privilège qui n’a que trop duré. « Le pantalon a été inventé il y a 170 ans, et depuis, il a toujours été fabriqué selon l’anatomie masculine. » Voici l’un des slogans de Pantalelle, la marque qui veut permettre aux femmes d’uriner debout. Créé par Clara Carricajo, ce pantalon est doté d’une fermeture éclair… sur le côté. Partant de la hanche pour arriver à l’aine, ce système permet à son utilisatrice de libérer son entrejambe sans retirer ni même baisser son pantalon. Les deux jambes se retrouvent ainsi désolidarisées et cela donne suffisamment d’amplitude pour s’approcher de l’urinoir, sans dévoiler son postérieur. Un gain de temps face à toutes les files d’attente qui s’étirent devant les toilettes pour femmes, une commodité pour pouvoir se soulager en pleine nature sans risquer les voyeurs et le coup de froid, mais aussi un grand confort hygiénique face à la propreté toujours relative que présentent les toilettes hors de chez soi. La créatrice espère que le concours lui permettra de trouver une structure apte à investir et à produire son invention.

Hopoli, l’enfile-couette qui facilite la vie

Ce n’est sans doute pas l’invention la plus impressionnante de ce Salon d’automne. Et pourtant, c’est l’une des plus universelles. Par un système assez simple, Benjamin Rimajou a sans doute trouvé le remède à une des plus grandes causes de disputes dans les couples, une des plus grandes pertes de temps et un des problèmes les plus irritants de l’époque moderne. Produit dans un Esat (Etablissement ou service d’aide par le travail) de Joué-les-Tours, son enfile-couette permet à une personne seule d’enfiler une couette dans une housse et sans effort. Il consiste en deux patères qui se posent sur une porte. Deux clips, situés en dessous, coincent les coins de la housse, pendant que les patères accueillent un côté du drap. Il suffit alors de coincer les coins de la couette dans ceux de la housse et de faire redescendre la partie de la housse suspendue, et le tour est joué. Si l’explication peut paraître confuse, le tutoriel proposé par Hopoli montre la simplicité de l’opération réalisée en quelques secondes. Aux utilisateurs de trouver ce qu’ils feront des dizaines d’heures gagnées chaque année.