Paris : « Rues piétonnes », « sonomètres », « consommation assise »… Nos lecteurs trouvent des améliorations pour les terrasses estivales

VOUS TEMOIGNEZ Les terrasses estivales sont autorisées jusqu’au 31 octobre. Mais pérennisées, elles reviendront en avril prochain, avec quelques arrangements, espèrent nos lecteurs

Romarik Le Dourneuf
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Certaines rues présentent de nombreuses terrasses comme ici, rue de Montparnasse (14e).
Certaines rues présentent de nombreuses terrasses comme ici, rue de Montparnasse (14e). — R.Le Dourneuf
  • Avec la fin des terrasses estivales, les lecteurs de 20 Minutes proposent des améliorations pour les prochaines qui fleuriront en avril 2022.
  • Qu’ils soient favorables ou opposés aux terrasses étendues, les internautes s’accordent sur les problèmes à résoudre l’année prochaine.
  • Une occupation plus réglementée, un niveau sonore plus contrôlé et des aménagements de voirie, les solutions proposées sont multiples.

Terrasses Covid, éphémères, estivales… Quel que soit le nom qui leur est donné, elles divisent depuis juin 2020. Après 16 mois d’existence, les terrasses étendues vont devoir disparaître à partir du 1er novembre prochain. Si les internautes s’écharpent à savoir si elles sont une bénédiction pour la vie de la capitale ou une intrusion malheureuse dans le quotidien des riverains, une chose est sûre, elles reviendront en avril 2022. Des témoignages de nos lecteurs émergent des solutions pour essayer de contenter tout le monde. 20 Minutes les résume.

Réglementer davantage

« Ces terrasses font vivre Paris. C’est formidable, cela donne de la joie et envie de sortir, mais ça dérape trop. » Les pros, comme Marlène, et les antis s’accordent sur une chose, l’initiative peut être améliorée. Le premier grief qui revient dans les commentaires est l’abus qui a été fait par les commerçants de ces terrasses. Destinées à offrir plus de place en extérieur aux clients, elles encombrent souvent les trottoirs. Pour y parer, Franck propose que des espaces de passages minimums soient imposés : « Il faut au moins qu’un piéton puisse croiser un fauteuil roulant ou une poussette. Il faudrait aussi un passage entre les terrasses qui permette de traverser la route. Si possible en face du même espace de l’autre côté de la voie. »

La solution pour Antony est de limiter la taille de ces terrasses : « Il faut les adapter à la taille du trottoir mais aussi à celle du commerce. Ce n’est pas normal de voir des bouis-bouis qui prennent 50m² sur l’espace public ». Au point que Laura aimerait sauvegarder une espèce en voie de disparition, les espaces vides : « Le 9e arrondissement est très dense. Les petites places donnaient une respiration, elles sont envahies de tables et de chaises. Ce serait bien de les libérer un peu. » Ce problème n’est pas propre aux installations en elles-mêmes selon elle : « Les gens consomment debout, ça crée des attroupements qu’il faut traverser pour passer ». Elle propose donc d’imposer que la consommation se fasse assis en extérieur.

Faire de la place pour tout le monde

Dans beaucoup de rues, ce sont les places de stationnement qui ont fait les frais du Covid-19. Si cela ne semble pas nuire au commerce, Gulie aimerait quand même que quelques-unes soient réservées aux personnes à mobilité réduite, pour pouvoir venir chercher sa mère diminuée : « Elles pourraient être pour les personnes handicapées, et l’arrêt minuté pour les autres. » Nouvel espace à préserver selon Elise, les pistes cyclables, trop souvent rognées par les terrasses selon elle : « Si elles doivent s’étendre, il faut faire que la piste les contourne en les redessinant par exemple ». Autre impératif pour plusieurs lecteurs : s’assurer de la place suffisante pour laisser les pompiers ou un médecin intervenir dans la rue si besoin. Pour les rues les plus petites, ou trop engorgées de terrasses, Germain a une idée en vogue : « Il faut fermer et piétonniser la rue. On laisse les trottoirs aux terrasses et les piétons poussettes et fauteuils roulants auraient de la place. En cas d’urgence, la route est très rapidement dégagée, et tout le monde est content. »

Installer des sonomètres

Une des plus importantes nuisances causées par les terrasses est sonore. Le bruit entraîné par l’accumulation de clients est souvent remonté par les riverains. Pour le réduire, Denis propose de « limiter le nombre de places en extérieur par commerce ». Béatrice, de son côté, suggère d’installer « des sonomètres qui mesurent les décibels de chaque terrasse » et Claire se demande même si « une alarme serait possible pour prévenir les commerçants en cas de dépassement ». Un problème qui touche particulièrement Vincent, vivant au rez-de-chaussée : « J’aimerais que l’interdiction d’installer les terrasses devant les fenêtres d’une habitation soit respectée. » Beaucoup se plaignent aussi du non-respect des horaires dévolus aux terrasses estivales, 22 heures selon la charte de la Mairie de Paris.

Contrôler et sanctionner

En plus du bruit, l’image et l’hygiène qui découlent de ces terrasses dérangent certains de nos lecteurs. Quand Clara souhaiterait une norme esthétique pour « éviter que les terrasses ne ressemblent aux encombrants » puisque souvent constituées de palettes, Miguel est plus marqué par les traces qu’elles laissent à la fermeture : « Il y a trop de mégots, de verres en plastique et d’emballage au petit matin. Il faut imposer des poubelles et cendriers et sanctionner les commerçants si ce n’est pas respecté. »

Bien entendu, toutes ses propositions sont conditionnées au contrôle et à la sanction pour les internautes. Charlie, fan de la première heure des « terrasses Covid », demande des amendes dissuasives pour les commerçants : « Certains bars préfèrent payer les amendes que fermer leur terrasse. » Les fermetures administratives sont aussi évoquées et pour contrôler tout cela, Benjamin espère que la nouvelle police municipale pourra étendre ses horaires « jusque tard dans la soirée ».