Comment Paris veut devenir « 100 % cyclable » en 5 ans

MOBILITE La ville de Paris prévoit un budget de 250 millions d’euros pour son nouveau plan vélo 2021-2026

Romarik Le Dourneuf
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La mairie veut pérenniser les 52 kilomètres de coronapistes de la capitale.
La mairie veut pérenniser les 52 kilomètres de coronapistes de la capitale. — R.LE DOURNEUF
  • David Belliard, adjoint au transport et à la mobilité de la maire de Paris, a présenté ce jeudi un nouveau plan vélo pour rendre la ville « 100 % cyclable » avant la fin de cette mandature.
  • Pérennisation des « coronapistes », aménagement de 130 kilomètres de pistes sécurisées, sécurisation des carrefours… En tout, ce plan coûtera 250 millions d’euros à la ville.
  • Un des objectifs de la municipalité est de faire passer le vélo devant les voitures dans les déplacements des Parisiens.

« Faire de Paris une ville 100 % cyclable. » Voilà l’objectif de la mairie avant la fin de la seconde mandature d’ Anne Hidalgo. Le plan vélo 2021-2026 a été présenté, jeudi, par David Belliard, adjoint de la maire de Paris en charge des transports et des mobilités. Après un premier plan lancé en 2015, la municipalité change de braquet et prévoit d’allouer 250 millions d’euros pour « initier une massification des usages » du vélo dans la capitale.

Le gros de ce budget, 180 millions d’euros, ira aux infrastructures, les pistes cyclables de la ville comme les grands axes qui doivent « irriguer toute l’Île-de-France » dont le RER V et le Vélopolitain. Les 52 kilomètres de «  coronapistes » sont pérennisées et 130 kilomètres de pistes sécurisées seront créés. Le double sens sera aussi généralisé sur 380 kilomètres de rues en sens unique. Vingt millions d’euros seront utilisés pour intégrer le vélo dans le projet « Embellir votre quartier ».

Le nouveau plan vélo entend aussi lutter contre le vol de vélo. Pour cela, 100.000 places de stationnement sécurisé vont être créées aux abords des gares et des points intermodaux. De plus, 30.000 arceaux supplémentaires seront installés et la municipalité entend s’accorder avec les bailleurs pour que ceux-ci fassent des efforts sur les possibilités de stationnement dans le secteur privé.

Développer l’écosystème du vélo

David Belliard met aussi en avance la Sécurité routière dans ce nouveau plan vélo. D’abord par la sécurisation des carrefours, notamment au niveau des portes de Paris, où les différents moyens de transport se croisent en créant un système « à la hollandaise », fait de voies réservées et sécurisées pour les cyclistes. Dix millions d’euros seront utilisés pour créer une « zone à trafic limité » dans le centre de Paris.

La mairie souhaite aussi développer tout l’écosystème du vélo dans la ville. Ainsi, des ateliers d’autoréparation devraient apparaître dans chaque arrondissement. Tenus par des animateurs, ils mettront à disposition du matériel et un apprentissage pour que chacun puisse venir réparer son biclou. Un travail doit avoir lieu également sur le cyclotourisme, pour encourager les visiteurs à appuyer sur la pédale pour découvrir la capitale. La cyclologistique, le fameux « dernier kilomètre », sera aussi au centre du projet pour encourager l’utilisation de vélos-cargo et de triporteurs pour les livraisons de commerces en ville. Cela irait de l’adaptation des voies cyclables à des espaces réservés de livraison à la demande des enseignes.

Avec ces mesures, la mairie de Paris espère faire « se croiser les courbes », celle du vélo qui représente 5,6 % des déplacements dans la capitale, et celle des voitures qui sont utilisées pour 9 % des déplacements. Ces travaux qui doivent aboutir au plus tard en 2026 sont justifiés, selon la mairie, par les enjeux importants mis en avant pendant la campagne : améliorer la qualité de l’air, réduire les nuisances sonores​ et agir sur le réchauffement climatique.