Paris : Que sait-on des accusations de viol dans une école du 17e arrondissement ?

ECOLE Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris mais pour l’heure aucune garde à vue n’a eu lieu. Des sources policière et judiciaire appellent à la plus grande prudence

Caroline Politi et Hélène Sergent
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Une enquête préliminaire a été ouverte le 7 octobre par le parquet de Paris.
Une enquête préliminaire a été ouverte le 7 octobre par le parquet de Paris. — LOIC VENANCE / AFP
  • La mère d’un garçonnet de cinq ans a porté plainte après que son fils a dénoncé des faits de viol commis dans une école maternelle du 17e arrondissement.
  • Une enquête préliminaire a été ouverte le jour même par le parquet de Paris.
  • L'enfant accuse un animateur, mais « il a livré des versions différentes lors de ses auditions » et ne peut identifier son agresseur présumé.
  • L'expertise médicale ne s'est pas avérée concluante.

L’alerte a circulé à vitesse grand V sur les réseaux sociaux et sur les boucles de messagerie des parents d’élèves du 17e arrondissement de Paris. Depuis le 7 octobre, la brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire parisienne enquête sur des soupçons de viol dans une école maternelle située à deux pas de la très huppée place des Ternes. La veille, la mère d’un garçonnet de cinq ans a porté plainte après que son fils a dénoncé des faits de viol. Une enquête préliminaire a été ouverte le jour même par le parquet de Paris du chef de «  viol sur mineur de moins de 15 ans ».

Le petit garçon, scolarisé en grande section, accuse un animateur scolaire de la ville de Paris de lui avoir mis « un doigt dans les fesses » alors qu’il était en centre de loisirs. D’après des sources judiciaires et policières, l’enfant, entendu à deux reprises, n’a cependant pas été en mesure d’identifier l’animateur mis en cause. « Il a livré des versions différentes lors de ses auditions », insiste une de ces sources, précisant que l’expertise médicale n’avait pas été concluante. Le parquet a demandé une expertise psychologique de l’enfant, programmée dans les prochains jours. L’homme mis en cause n’a pas encore été entendu.

« Emoi et craintes légitimes »

Si pour l’heure, les sources policière et judiciaire appellent à la plus grande prudence dans ce dossier, la peur semble avoir d’ores et déjà gagné la communauté scolaire. Lors d’une réunion d’information – particulièrement tendue – avec les parents d’élèves mardi soir, certains ont pris à partie l’équipe d’animateurs présents et des représentants de la Ville, les accusant de faire de la rétention d’information en ne donnant pas le nom du mis en cause. Si bien que sur Facebook, mercredi, le maire de l’arrondissement Geoffroy Boulard (LR) s’est dit « solidaire avec les familles » dont il partage « l’émoi et les craintes légitimes », tout en appelant à une poursuite sereine des investigations.

A ce stade de l’enquête, aucune mesure de garde à vue n’a été prise. L’animateur soupçonné a été suspendu, comme le veut la procédure dans ce genre d’affaires. Une décision indépendante de l’enquête, insiste une source proche du dossier. Une enquête administrative, menée par la Ville de Paris – son employeur – a également été ouverte dès le signalement des suspicions d’attouchements. Lors de la réunion d’information, la mairie a annoncé que trois nouvelles animatrices viendraient renforcer l’équipe afin qu’un adulte ne se retrouve jamais seul avec un enfant. Une cellule psychologique a été mise en place au sein de l'établissement.