Supprimer les panneaux de signalisation ? Pas question, ils « font partie de l’identité de Paris »

VOTRE VIE VOTRE AVIS La mairie de Paris fait enlever quelques centaines de panneaux de signalisation jugées obsolètes depuis quelques jours, ce qui a suscité un débat sur leur utilité. Pour la majorité des lecteurs de « 20 Minutes », il n’est pas question d’y toucher 

Romarik Le Dourneuf
— 
Des panneaux de signalisation sur la place de la Bastille à Paris.
Des panneaux de signalisation sur la place de la Bastille à Paris. — Boyan Topaloff / AFP
  • Un reportage de France Bleu, le 7 octobre, a provoqué un imbroglio au sujet de la supposée suppression de panneaux de signalisation dans la capitale.
  • Les lecteurs de 20 Minutes sont contre leur disparition pour de multiples raisons.
  • Si jamais, ils venaient à être retirés de la voirie, certains lecteurs proposent d’utiliser les façades des immeubles.

Un imbroglio difficile à démêler. Depuis quelques jours et un reportage de nos confrères de France Bleu, différents médias et la mairie de Paris se chamaillent sur l’avenir supposé  des panneaux de circulation à Paris. La première rumeur à avoir couru était une suppression pure et simple de ces panneaux. D’explications en incompréhensions, il semble finalement que seuls quelques centaines de panneaux jugés « obsolètes » seront retirées des rues de Paris.

La première raison donnée était de désengorger les trottoirs pour laisser de la place aux piétons, poussettes et fauteuils roulants. La mairie a justifié que les GPS et autres smartphones feraient l’affaire pour s’orienter dans la capitale. Si le dossier ne semble pas encore totalement élucidé, il a fait débat sur les réseaux sociaux. Aussi, 20 Minutes a demandé à ses lecteurs ce qu’ils pensaient de l’idée de supprimer quelques panneaux de signalisation pour libérer les trottoirs de Paris.

« Certains sont clairement inutiles. Quand on est à ce 100 m de la gare de Lyon, on la voit de ses propres yeux, pas besoin d’un panneau », explique Daniel. Rares sont ceux qui, comme lui, sont favorables à la suppression de quelques panneaux de signalisation. Beaucoup n’y sont pas opposés mais préfèrent trier. Sophie est prête à supprimer « les panneaux blancs pour automobilistes » mais à conserver les panneaux noirs pour piétons qui indiquent les musées et théâtres. La grande majorité de nos lecteurs sont totalement contre le retrait des panneaux de signalisation. Et ce, pour de multiples raisons.

Plus fiable qu’un GPS

La première raison : ils donnent une direction. « Tout le monde n’en a pas de GPS, souligne, Vadim. Et, n’en déplaise à certains, il y a toujours ceux qui ne savent pas se servir de ces gadgets modernes. » Patrick aussi s’insurge contre la « dépendance » à ces outils. D’ailleurs, même ceux qui les utilisent peuvent « se retrouver à cours de batterie ».

Parmi nos lecteurs, beaucoup utilisent la technologie pour trouver leur chemin, mais ils s’accordent tous sur l’irremplaçabilité des panneaux de signalisation. Les GPS, pratiques pour les voyageurs perdus, manquent toutefois de précision en ville, lorsque les rues se multiplient sur un périmètre très restreint. « Les panneaux sont utiles pour les derniers mètres, note Yann. Pour trouver une entrée de parking, ou savoir quand tourner exactement. Paris n’est pas construit sur un plan hippodamien [en damiers] donc ça peut être très complexe. »

Pour les personnes dont le sens de l’orientation déraille, comme Marie, les panneaux restent plus fiables qu’un GPS : « Google Maps me dirige très mal avec cette flèche qui vacille et la voix qui commence toujours ses indications par une orientation cardinale. Un panneau sur la voirie reste précieux. » Les panneaux apportent une sécurité à nos lecteurs. « Cycliste motard et conducteur, je trouve moins dangereux de lever la tête pour regarder les panneaux que de baisser les yeux pour un GPS », explique Arnaud. Pour Myriam, les panneaux aident à anticiper son trajet et lui évitent des hésitations au volant.

« Ils font partie de l’identité de Paris »

Cycliste, Loïk se déplace pour donner des cours aux quatre coins de la capitale et gagne du temps grâce aux panneaux. « Ils me permettent de me retrouver facilement sans avoir à m’arrêter, sortir le téléphone, lancer l’application, […] qu’elle m’indique le chemin et refaire cette manipulation à chaque croisement. »

Argument en faveur des panneaux qui revient le plus, ils permettent de faire admirer la Ville Lumière. « Les piétons et touristes prennent plus de plaisir à lever les yeux pour découvrir les beautés dont regorge la plus belle ville du monde. Pourquoi inciter les gens à toujours vivre avec le téléphone greffé au bout des doigts ? », se demande Brigitte. Ils font aussi partie du paysage urbain parisien. Nadine vante ce « symbole des quartiers » , pendant que Michelle aime qu’ils lui rappellent les quelques pas qui la séparent de « la Bastille » ou de « la Concorde ». Pour Caroline, ils font même partie de l’identité de la ville, au même titre que « les réverbères, les fontaines Wallace ou les colonnes Morris ».

Accrocher les panneaux aux façades ?

Si l’argument de « désencombrer les trottoirs » a été avancé, pour les lecteurs de 20 Minutes, les panneaux de signalisations ne sont pas le problème. Pour beaucoup, la priorité serait d’enlever les panneaux publicitaires qui « polluent nos trottoirs », selon Serge. « Ce sont des grands ensembles rectangulaires qui prennent une place folle », peste Martin.

Certains vitupèrent également contre les terrasses «éphémères» mises en place depuis un an à Paris. Bien qu’appréciées par beaucoup, elles empiètent sur les trottoirs et sont pour Evguenia : « une vraie galère en poussette ». Autres cibles de nos lecteurs, les trottinettes et vélos en libre-service qui « pullulent », sont « garées de manière chaotique » et rendent la circulation difficile, selon Virginie.

Plus diplomates, d’autres suggèrent de suspendre les panneaux de signalisation aux murs des immeubles lorsque la configuration le permet. Pour Christian, cette solution pourrait « fluidifier la circulation sur les trottoirs ». Marie abonde et propose que la mairie « colle » les panneaux aux façades pour qu’ils continuent de donner « des indications précieuses pour les étourdies ».