Cachan : Gérald Darmanin somme la maire de s'expliquer après des propos anti-police d'un adjoint

BISBILLE Evoquant l'émoi provoqué par une prise de parole d'un adjoint LFI de Cachan (Val-de-Marne) sur les forces de l'ordre, le ministre de l'Intérieur a sommé l'édile de préciser le contexte de ces propos

20 Minutes avec AFP
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Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur.
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La maire de Cachan, dans le Val-de-Marne, sommée de s’expliquer sur les propos d’un de ses adjoints. Dans une lettre adressée à l’édile PS, Hélène de Comarmond, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a dénoncé « les propos inacceptables tenus lors du conseil municipal du 30 septembre par Dominique Lanoe », adjoint LFI de la maire, sur les forces de l'ordre. « Leur teneur est sans ambiguïté », estime-t-il avant de les citer : « je croyais que le but de la police, c’était de protéger la population et pas nécessairement de posséder des armes pour tuer, parce que c’est ça la signification en bon français courant ».

Evoquant « l’émoi » provoqué par ceux-ci « au sein des forces de l’ordre et au-delà », le ministre ajoute souhaiter que la maire lui « précise dans quel contexte de telles déclarations ont pu être prononcées ». Il conclut son courrier par une phrase manuscrite : « Merci de votre réponse qui décidera des suites éventuelles que le ministère de l’Intérieur donnera pour préserver l’honneur des forces de l’ordre ». Le syndicat de police Alliance a diffusé un communiqué sur Twitter pour se féliciter du soutien du ministre : « Haine anti-flic, le ministre de l’Intérieur nous donne raison », il « demande des comptes au maire de Cachan suite aux propos choquants d’un élu LFI ».

Un montage tronqué, selon la mairie

Dans un communiqué, la ville de Cachan a dénoncé un « montage vidéo (…) altérant volontairement la réalité des propos et des faits de cette séance publique ». La ville a expliqué qu’à la faveur d’un débat lancé par les « élus d’opposition sur l'armement de la police municipale », il y avait eu « un échange (qui) a suscité la controverse entre les élus et des propos non maîtrisés ont été tenus ». « Une partie de l’opposition a fait le choix de théâtraliser sa sortie de salle, amorçant volontairement la polémique », a ajouté la ville.

La municipalité a prévenu que Hélène de Comarmond « n’exclu (ait) pas d’intenter une action en justice, aussi bien à l’encontre de l’auteur du montage vidéo contesté qu’à l’encontre de toute personne qui le reprendrait, en diffusant par là même une fausse information ».