Transports : Valérie Pécresse obtient une aide remboursable de l’Etat pour Ile-de-France Mobilités

BRAS DE FER Avec des finances plombées par la pandémie, IDF Mobilités va recevoir une aide de 800 millions pour 2021 ainsi qu’une aide de trésorerie de 274 millions d’euros

20 Minutes avec AFP
Le métro parisien en mai 2020, peu après le déconfinement. (illustration)
Le métro parisien en mai 2020, peu après le déconfinement. (illustration) — ISA HARSIN/SIPA

La hache de guerre est quasiment enterrée. Valérie Pécresse est parvenue à obtenir une aide de l’Etat qui lui permettra de continuer à faire fonctionner les transports publics de la région appauvris par le Covid-19. Toutefois, la présidente d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) la juge « très insuffisante », donnant déjà rendez-vous à Matignon l’an prochain.

« Après plusieurs mois de négociation, le Premier ministre a accepté que l’Etat accorde à Ile-de-France Mobilités une aide de 800 millions pour l’année 2021, à laquelle s’ajoute une aide de trésorerie de 274 millions d’euros, qui sera remboursée début 2022 », a annoncé lundi IDFM. Le ministère des Transports a immédiatement fait remarquer que cette aide, qui doit encore être avalisée par le Parlement, serait remboursable, et ne constitue pas une subvention.

Valérie Pécresse voulait 1,3 milliard d’euros

La somme est cependant nettement inférieure au 1,3 milliard d’euros que réclamait la présidente de la région Ile-de-France, mais elle va lui permettre de payer à nouveau la RATP et la SNCF. L’autorité régionale des transports avait en effet suspendu ses versements aux deux groupes publics, faute d’argent, mais aussi pour faire pression sur l’exécutif.

Mettant en avant les exemples des pays voisins qui aident massivement leurs transports publics, Valérie Pécresse réclamait des subventions directes cette année, et non pas des avances remboursables. « On a toujours été très clairs sur le fait que cette crise Covid ne pouvait pas être payée par les usagers, et qu’elle ne devait pas mettre en danger les investissements nécessaires à la régénération du réseau et au renouvellement du matériel roulant », expliquait fin septembre son bras droit, Grégoire de Lasteyrie.

Un désaccord sur les chiffres

Le manque à gagner dans les finances d’IDFM vient de la baisse du rendement du versement mobilité (une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés, qui représente plus de 50 % des ressources d’IDFM) et des recettes venues des voyageurs (la billetterie représentant environ 30 % des ressources). Etat et IDFM ne sont pas d’accord, le ministère écrivant en particulier lundi que le versement mobilité a retrouvé cette année son niveau d’avant la crise, quand l’équipe de Valérie constate une perte de 300 millions d’euros.

Au final, l’aide accordée par le gouvernement cette année est jugée « très insuffisante par rapport aux besoins du réseau » et « laisse les finances d’Ile-de-France Mobilités en forte tension », selon IDFM. « Dans ces conditions, Ile-de-France Mobilités sera contraint de revenir vers l’Etat en 2022 », année pour laquelle il anticipe actuellement une perte de 730 millions d’euros par rapport aux prévisions d’avant-crise. IDFM prévoit que le versement mobilité ne retrouvera son niveau d’avant-crise qu’en 2024, et qu’il rapportera ensuite moins que prévu. Idem pour les ventes de billets, l’effet du télétravail étant à long terme estimé à 5 % des recettes tarifaires.