Aider les aidants familiaux

Lise Martin

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« Il faut prendre de la distance, mais il y a des moments où j'en ai ras le bol. » Françoise, la cinquantaine dynamique, a quitté son appartement parisien pour s'installer à Neuilly chez sa mère octogénaire, devenue dépendante à la mort de son époux : « Elle ne pouvait plus gérer toute seule, elle était perdue face à l'automate de la banque, celui du métro... Le maintien à domicile est important, mais compliqué pour la famille. »

Les « aidants familiaux », conjoints ou enfants qui ont à charge une personne âgée, sont souvent désemparés et isolés. C'est pour eux qu'était organisé un premier café-rencontre, hier, à Neuilly (Hauts-de-Seine), dans un coquet salon de thé. « Ils font tous face aux mêmes difficultés, mais ne se voient jamais pour en parler, résume Marie-Cécile Ménard, conseillère générale déléguée aux personnes âgées. L'idée est de leur permettre d'échanger, de créer un réseau. Et de poser leurs questions à un gériatre et à un psychologue. »

Comment trouver une structure d'aide ? Qui peut nous former ? Comment aider au quotidien un malade atteint d'Alzheimer ? Comment gérer ce mélange d'épuisement et de culpabilité ? Interrogations et témoignages se sont succédé durant deux heures. « Pendant dix ans, on ne m'a pas demandé si ça allait... C'est bien que cette question de "l'aide à l'aidant" émerge, commente Françoise. Il faudrait développer ces rencontres. Ce sont les autres familles qui permettent de trouver des solutions dans le quotidien. » Le prochain café-rencontre de Neuilly, consacré à la « bien-traitance », aura lieu en juin. ■