RER E : Valérie Pécresse dénonce un surcoût de 1,7 milliard d’euros sur le chantier d'extension de la ligne

TRAVAUX Les travaux visent à étendre la ligne jusqu’à Nanterre dans un premier temps, puis Mantes-la-Jolie

20 Minutes avec AFP
— 
Les travaux du RER E ont engendré un important surcoût
Les travaux du RER E ont engendré un important surcoût — PATRICK LEVEQUE/SIPA

Encore un chantier pharaonique qui déraille. La présidente d’Ile-de-France Mobilités – et président de région – Valérie Pécresse a dénoncé jeudi un surcoût de la part de SNCF Réseau de plus d’1,7 milliard d’euros sur une branche du RER E. Ce chantier, pour lequel le plus grand engin tunnelier de France creuse en ce moment à 35 mètres sous les rues de Paris, doit prolonger la ligne E à l’ouest de Paris jusqu’à Nanterre puis Mantes-la-Jolie. Il était estimé à 3,8 milliards mais devrait finalement coûter 5,4 milliards d’euros, a déclaré Valérie Pécresse au Parisien.

« SNCF Réseau fait ce qu’il veut et méprise ses financeurs », a lancé la présidente d’Ile-de-France Mobilités et candidate à la candidature pour présidentielle. « Nous sommes en proie à un chantage permanent de sa part, d’interruptions de travaux si on n’avance pas la trésorerie. […] C’est inacceptable. Cette fois, nous ne pouvons plus payer ! » Interrogée, SNCF Réseau répond que « des échanges sont en cours avec les financeurs sur le chiffrage », sans donner sa propre estimation.

Covid-19, crues, « gilets jaunes »…

« Des modifications de programmes externes au projet et des contraintes supplémentaires, dont des aléas et imprévus, sont intervenues depuis le début des travaux, auxquels s’ajoute la Covid 19 », a indiqué SNCF Réseau. Ces aléas « demeurent aujourd’hui dans une enveloppe de 30 % du chiffrage initial ». La SNCF a notamment cité « deux crues significatives de la Seine ainsi que des manifestations particulièrement nombreuses, notamment lors du mouvement des “gilets jaunes”, qui nous ont imposé des démontages d’installations de chantier et des arrêts de production ».

Selon une source proche du dossier, la SNCF a annoncé ce dépassement mercredi lors d’une réunion technique avec la Ville de Paris, demandant 800 millions d’euros supplémentaires pour le premier tronçon (un tunnel reliant Paris Haussmann et Nanterre), dont 500 millions avant le 31 décembre 2021. D’importants surcoûts avaient déjà été annoncés début 2021, de l’ordre de 640 millions d’euros. SNCF Réseau s’attendait à de nouveaux surcoûts liés à la crise sanitaire.