« Les déchets en baisse de 15 à 20 % depuis le début de la crise »

Recueilli par Mickaël Bosredon

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L'Observatoire des déchets en Ile-de-France (Ordif) lutte pour une baisse des déchets dans la région. Leur production étant très liée à l'activité économique, serait-elle en train de baisser avec la crise actuelle ?

Plusieurs opérateurs de la région nous font, effectivement, remonter une baisse des tonnages collectés depuis novembre dernier. Cela viendrait beaucoup de l'activité commerciale et économique. Les emballages, les cartons, seraient collectés en moins grande quantité. Il y a eu indéniablement un frein, depuis quelques mois.

De l'ordre de combien ?

C'est difficile à dire maintenant. Nos statistiques ne seront officielles que dans plusieurs mois. Aujourd'hui, il ne s'agit donc que d'une tendance. Mais certains opérateurs parlent d'une baisse de 15 à 20 %, c'est très conséquent.

C'est donc une bonne nouvelle ?

Ah, pas du tout. Je n'ai jamais pensé que nous baisserions la quantité de déchets en arrêtant l'activité économique ! Je suis plutôt un partisan de l'action. Nous organisons, aujourd'hui, au Conseil régional d'Ile-de-France, un colloque sur la valorisation énergétique des déchets, afin de favoriser les nouvelles technologies : c'est ce genre de pistes qu'il faut creuser. Transformer les huiles en carburants, favoriser le recyclage, le compostage, voilà des solutions intelligentes, car elles favorisent l'activité économique tout en réduisant les déchets.

A l'inverse, cette baisse d'activité menacerait-elle la filière du ramassage des déchets ?

Il peut y avoir des conséquences sur l'emploi, si la situation dure trop longtemps. Et la filière des déchets représente quand même 10 000 emplois en Ile-de-France. ■