Scénario bis repetita pour Roger Karoutchi

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Karoutchi out. Un K.-O. qui risque de faire mal, très mal, à l'actuel chef de l'opposition du conseil régional. Signe de sa grande déception : lui et ses conseillers étaient hier soir aux abonnés absents. Car il le répétait à chaque meeting, la régionale de 2010 était « l'élection de sa vie ». En 2004, celui qui rêvait déjà de prendre les rênes de l'Ile-de-France avait dû céder sa place à Jean-François Copé. Le désaveu est, cette fois-ci, d'autant plus grand que c'est la base du parti qui a tranché. « Roger a mené une campagne à l'ancienne en se prévalant du soutien de la majorité des parlementaires et des conseillers généraux et régionaux », explique Jean-François Legaret, maire (UMP) du 1er arrondissement et soutien de Valérie Pécresse. « Mais dans une primaire, les militants sont libres de ne pas se prononcer comme leurs élus. »

Outre ses nombreux soutiens au sein des cadres du parti, Karoutchi comptait sur sa bonne connaissance des dossiers, reconnue jusque dans les rangs du PS. Pour combler son déficit de célébrité, il avait même récemment rendu publique son homosexualité. Avec succès, puisque sa notoriété avait grimpé de 19 % en deux mois. Mais pas sa popularité, toujours inférieure à celle de sa rivale, sondage après sondage. Et le soutien trop bruyant de ses supporteurs lors d'un débat au Raincy (93) s'était retourné contre lui, des soupçons de « bourrage de salle » allant bon train. Si certains évoquaient, hier, un grand ministère comme lot de consolation lors du prochain remaniement ministériel, le constat s'impose : l'avenir politique de Roger Karoutchi, 57 ans, est compromis. ■ A. S.