Pécresse affrontera la gauche

Alexandre Sulzer

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Elle a eu la peau d'un apparatchik. Elle vise désormais celle de Jean-Paul Huchon, le président (PS) de l'Ile-de-France. Avec 59,9 % des voix contre 40,1 % pour Roger Karoutchi (lire encadré), Valérie Pécresse a remporté, hier, haut la main l'investiture pour l'élection régionale de 2010. « Nous lançons la reconquête de l'Ile-de-France dans l'unité et la volonté de changement », a aussitôt lancé la ministre, au siège de l'UMP. Si l'on sait déjà que Jean-François Copé présidera son « comité de soutien », elle est restée très évasive sur la suite des événements et notamment sur la date de sa démission du gouvernement. Et indique que la place de Roger Karoutchi est à ses « côtés ». Mais elle n'a pas confirmé qu'elle formerait un « ticket » avec lui, comme elle l'avait promis. Pour l'heure, l'urgence est de recoller les morceaux après une campagne très dure. Elle va donc réunir, dès cette semaine, les secrétaires départementaux franciliens, dont certains avaient pris partie pour son adversaire. Lequel n'a d'ailleurs étrangement pas réagi ni reconnu sa défaite, hier soir. Quant aux « demandes de vérification » émises récemment par le camp Pécresse sur la régularité du scrutin, elles n'étaient, hier, plus du tout d'actualité.

Pour Jean-Paul Huchon, la victoire de Valérie Pécresse est plutôt une mauvaise nouvelle. « Le président de la région aime bien affronter Karoutchi. Il le respecte », souligne un proche. « Alors que Pécresse, il ne la connaît presque pas. » Et pour cause : celle-ci a brillé par son absentéisme dans l'hémicycle régional depuis 2004. Une mauvaise habitude qui devrait vite changer dans les mois qui viennent. ■