Notre-Dame de Paris : Comment la capitale veut « magnifier » les abords de la cathédrale

CHANTIER La mairie de Paris veut « profiter » des travaux de rénovation de la cathédrale pour rénover l’Île de la Cité

Romarik Le Dourneuf
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La cathédrale Notre-Dame de Paris, mai 2020
La cathédrale Notre-Dame de Paris, mai 2020 — Thibault Camus/AP/SIPA
  • De la pointe de l’Île de la Cité, au Petit-Pont en passant par le square Jean XXIII et le parvis de Notre-Dame, tout le périmètre attenant à la cathédrale est concerné par un réaménagement.
  • Aucun « geste architectural », aucune structure, ne viendra faire de l’ombre à la cathédrale, annonce la maire de Paris Anne Hidalgo.
  • Les travaux devront commencer en 2024, juste après les JO​. Période à laquelle la cathédrale devrait être, au moins partiellement, rouverte au public.

«Notre-Dame est un bijou qui a besoin d’un écrin. » Les mots employés par Anne Hidalgo, maire de Paris, résument l’ambition de la municipalité pour la cathédrale et ses abords. Ce lundi, dans le somptueux salon des Arcades de l’Hôtel de ville, l’édile a réuni son premier adjoint en charge de l’urbanisme et de l’architecture, Emmanuel Grégoire, le recteur et archiprêtre de la cathédrale, Monseigneur Patrick Chauvet et le maire de Paris Centre, Ariel Weil afin de présenter les quatre équipes sélectionnées pour travailler sur le réaménagement des cinq hectares qui entourent le monument.

La star, c’est Notre-Dame

De la pointe de l’Île de la Cité, au Petit-Pont en passant par le square Jean XXIII et le parvis de Notre-Dame, tout le périmètre attenant à la cathédrale est concerné. L’objectif est simple : profiter de la rénovation du monument ravagé par un incendie en avril 2019 pour « écrire un nouveau chapitre » de l’Île de la Cité. Pas question ici d’exubérance, Anne Hidalgo insiste sur ce point, le réaménagement sera ambitieux mais humble. Notre-Dame restera le centre de l’attention, le cœur de l’Île et de Paris. Aucun « geste architectural », aucune structure, ne viendra faire de l’ombre à la cathédrale.

« Nous voulons que les Parisiens se réapproprient les lieux, tout en permettant de recevoir les 12 à 20 millions de fidèles, visiteurs et touristes annuels », a précisé Emmanuel Grégoire. Si le cahier des charges n’est pas encore écrit, la nouvelle organisation devra permettre « d’apaiser la circulation », de « fluidifier les parcours » et de proposer un « accueil chaleureux » à tous ceux qui souhaitent déambuler sur le site, selon Anne Hidalgo. La municipalité souhaite aussi faciliter l’approche à pied de la Seine, et végétaliser le site. Emmanuel Grégoire a notamment évoqué le parvis de Notre-Dame, fortement minéralisé et donc propice au développement d’un îlot de chaleur. Ariel Weil va d’ailleurs dans ce sens et encourage l’extension des espaces verts : « Si ça ne tenait qu’à moi, on étendrait même ces mesures à toute l’île. »

Le premier adjoint espère aussi profiter du volume des sous-sols, avec la disparition du parking souterrain du parvis, pour améliorer les structures d’accueil pour les touristes. Une chose est promise, « ces sous-sols ne seront pas transformés en centre commercial ». Si la tâche s’annonce ardue avec l’abondante présence de bâtiments historiques autour de la cathédrale, comme la Sainte-Chapelle, l’Hôtel Dieu ou encore la Conciergerie, Anne Hidalgo espère « magnifier » Notre-Dame avec ces réaménagements.

4 équipes multidisciplinaires

Pour réaliser cet « écrin » de grande ampleur, la municipalité avait lancé un appel à candidature international et sélectionné 4 dossiers sur les 39 reçus. Ces groupements de travail ont été choisis sur les critères de diversité de profils, équilibre des générations et parité, sur les composants internationaux, européens et français qu’ils contiennent, sur leur sensibilité patrimoniale, avec la sobriété en atout principal. Ces équipes multidisciplinaires (paysagistes, architectes, bureau d’études, etc.) vont pouvoir travailler désormais sur le projet qu’elles présenteront au tout début de l’année prochaine lors d’un « dialogue compétitif » au jury qui rendra sa décision à l’été 2022.

Les équipes sélectionnées, présentes lors de la présentation, n’ont pas caché leur joie de pouvoir travailler autour d’un tel monument. « C’est un fantastique défi mais aussi un poids immense », a commenté le paysagiste Bas Smets, à la tête du groupement. L’une de ses concurrentes, Jacqueline Osty (Grand prix de l’urbanisme 2020) a évoqué un projet « chargé de symboles ».

Monseigneur Patrick Chauvet s’est, quant à lui, réjouit à l’idée de voir les abords de sa cathédrale transformés. « C’est un lieu qui n’a cessé de se transformer dans l’Histoire. » Il espère voir naître un lieu ouvert, « un forum ».

Les travaux devront commencer en 2024, juste après les Jeux olympiques​ et Paralympiques. Période à laquelle la cathédrale devrait être, au moins partiellement, rouverte au public.