Crack à Paris : « La Seine-Saint-Denis n’est pas une poubelle », lance Valérie Pécresse

TOXICOMANIE La présidente de la région Île-de-France juge durement le choix de la préfecture de police de déplacer les toxicomanes sur un terrain en lisière de Paris et de la Seine-Saint-Denis

20 Minutes avec AFP
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La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.
La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. — J.M. HAEDRICH/SIPA

Valérie Pécresse, présidente (Libres, ex-LR) de la région Ile-de-France a appelé ce dimanche à trouver une « réponse sanitaire » pour les consommateurs de crack estimant que « la Seine-Saint-Denis n’est pas une poubelle » pour y déplacer le « problème », lors d’un déplacement à Pantin. « On a besoin d’une réponse sanitaire et pas seulement un jeu de bonneteau », a déclaré Valérie Pécresse trois jours après le déplacement des consommateurs de crack à la place Auguste-Baron en lisière de périphérique entre Paris et la Seine-Saint-Denis.

Pour Valérie Pécresse, « on ne peut pas transférer en Seine-Saint-Denis tous les problèmes de la France, tous les problèmes de Paris ». Le département « est un endroit qui concentre déjà énormément de défis sociaux », a rappelé la candidate pour mener la droite à la présidentielle. La Seine-Saint-Denis « est obligée de construire un mur pour se protéger de Paris, pour se protéger des toxicomanes qu’on lui envoie, ce n’est pas possible », estime Valérie Pécresse devant des habitants de Pantin venus en nombre pour l’interpeller sur la situation.

Pécresse veut des centres de désintoxication mais pas de salles de shoot

Selon l’élue, « la solution est d’ouvrir une structure de désintoxication au lieu d’ouvrir des salles de shoot qui troublent l’ordre public partout dans Paris et qui créent des encouragements à consommer ». La présidente de région Ile-de-France s’est dite « prête à payer des centres », « prête à partager le fardeau » avec la Mairie de Paris et l’Etat. Dans un courrier adressé samedi à la maire de Paris, Anne Hidalgo, le préfet de la région Ile-de-France, Marc Guillaume, et le préfet de police de Paris, Didier Lallement ont justifié le déplacement des toxicomanes.

Ils font valoir que « l’Etat a assumé d’organiser [la] solution temporaire » (place Auguste Baron), la présence des usagers de crack rue Riquet « à proximité immédiate de nombreux riverains d’écoles » étant « intenable ». Ils justifient en outre l’édification d’un mur bouchant un tunnel entre Paris et Pantin, afin d’empêcher les consommateurs de crack d’aller en Seine-Saint-Denis. Ce mur est « une indispensable protection des habitants de Pantin », écrivent-ils, en ajoutant que la préfecture de police de Paris « veillera à la sécurisation des habitants de Paris et de Seine-Saint-Denis ».