Paris : Les vélos peuvent désormais prendre le taxi

MOBILITE La compagnie de taxis parisienne G7 propose désormais à ses usagers de transporter avec eux leurs bicyclettes, grâce à des porte-vélos amovibles fixés à l’arrière des véhicules

Léa Ménard
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Illustration d'un taxi parisien.
Illustration d'un taxi parisien. — Unsplash
  • Depuis ce week-end, pour 4 euros en plus de la course, des taxis G7 transportent les vélos, jusqu’à trois biclous, de leurs clients.
  • Vélo et taxi « sont absolument complémentaires », estime Olivier Schneider, président de la fédération des usagers de la bicyclette.

Si votre biclou a un coup de pompe, vous pouvez dorénavant l’embarquer avec vous en taxi. La compagnie parisienne G7 a récemment lancé une offre permettant à ses passagers de transporter avec eux jusqu’à trois  vélos. Ce service est rendu possible grâce à des porte-vélos amovibles fixés à l’arrière de certaines voitures. L’option est disponible depuis ce week-end sur l’application mobile G7 pour un coût de 4 euros. Sur les 9.000 taxis de la flotte présente en Île-de-France, seule une centaine de véhicules sont pour le moment équipés. D’après la compagnie, d’autres chauffeurs volontaires devraient progressivement être appareillés.

D’après une étude Ipsos, commandée par G7, 34 % de leurs clients réguliers seraient des utilisateurs de vélo (a minima plusieurs fois par mois). La plateforme de taxis entend ainsi répondre aux différents besoins des aficionados de deux-roues : « intempéries, fatigue, retours tardifs, déplacements longue distance, panne matérielle, trajet pour se rendre à la révision… »

Une initiative jugée intéressante par la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub). « Le vélo prend une place de plus en plus importante en ville. C’est absolument complémentaire du taxi », estime Olivier Schneider, son président. Le développement de ce type d’offres est, d’après la Fub, une bonne nouvelle. « C’est admettre que le vélo, ce n’est pas qu’un truc de prolo ! Qu’il y a aussi des personnes sans voiture qui ont des rendez-vous professionnels et qui ont tantôt envie de se déplacer à bicyclette – parce que c’est fluide, notamment aux heures de pointe – puis tantôt besoin de prendre un taxi et d’embarquer leur vélo. »

Apaiser les relations cyclistes-chauffeurs

« Ce n’est pas une révolution, mais c’est quand même un signal très important et j’espère que les VTC vont leur emboîter le pas », indique Olivier Schneider. Un constat que partage Camille Hanuise, directrice de l’association Paris en Selle. « C’est une preuve que le vélo est devenu un mode de transport vraiment à part entière », se félicite-t-elle. « Je pense qu’à Paris, les usages qu’on verra ce sont, par exemple, des personnes qui ont crevé et qui souhaitent transporter leur vélo pour pouvoir le réparer » et pour d’autres citadins, une solution « après une soirée alcoolisée », à qui cela offrira « la possibilité de rentrer en toute sécurité, sans laisser le vélo dans la rue », suggère Camille Hanuise.

Faire comprendre avec ce type d’initiative que « le vélo et le taxi sont des solutions, c’est aussi bien pour apaiser les relations entre cyclistes et chauffeurs de taxis », s’enchante le président de la Fub. « Les chauffeurs ont généralement un très bon comportement, mais on a de temps en temps quelques taxis indélicats avec les cyclistes. Moi, souvent [quand] je me fais engueuler [sur la route], je leur dis : "Vous savez, je suis client de taxis, je ne suis pas que cycliste… Attention, c’est justement des gens comme moi, qui n’ont pas de voiture, qui vont plus souvent prendre le taxi que ceux qui ont leur propre automobile." »

« C’est vrai qu’on a eu tendance pendant longtemps et c’est toujours le cas, à opposer taxis et vélos. Peut-être [qu’avec ce service] les chauffeurs se rendront compte qu’ils ont une clientèle potentielle », abonde pour sa part Camille Hanuise. « Symboliquement ça va dans le bon sens et ça montre que les choses sont en train de changer », tempère néanmoins la cycliste parisienne, plutôt optimiste.