Emmaüs assis sur une mine d’or

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Bougival (Yvelines), ses résidences de luxe et sa communauté Emmaüs. Cinquante ans après son célèbre appel, l’abbé Pierre visitait hier l’établissement, le plus grand de l’Hexagone. La communauté s’étend sur près de deux hectares sur l’île de la Loge, où elle côtoie la Banque de France et les courts de tennis. Guère éloignée, également, des très cossues villes du Vésinet et de La Celle-Saint-Cloud. Acheté « pour une bouchée de pain », le terrain vaut aujourd’hui une fortune. Une « opportunité heureuse », convient-on au siège d’Emmaüs, à Paris. Celui-ci occupe un immeuble entier rue des Bourdonnais (1er), à deux pas de la rue de Rivoli. « Nous l’avons également acheté avec les surplus des retombées de l’appel de l’abbé Pierre, se souvient un responsable. A l’époque, le quartier des Halles était sinistré et envahi par les rats. » L’immeuble suscite aujourd’hui bien des convoitises. De grandes chaînes du prêt-à-porter ont déjà proposé « plusieurs dizaines de millions de francs » pour s’y installer. En vain. « On ne va pas brader cette chance d’être au coeur de la ville », explique-t-on chez Emmaüs. La situation financière des communautés permet un tel luxe. « Toutes arrivent jusque-là à tenir le coup en vivant de leur seul travail, assure un dirigeant. Nous n’avons pas besoin de vendre notre patrimoine pour joindre les deux bouts. » A Bougival, les 73 compagnons peuvent donc continuer à amasser tranquillement « les paires de Nike qui ont servi trois fois ». Guillaume Frouin