Paris : Une association épingle 300 « salons de massage » pour prostitution

EXPLOITATION L’association Zéromacho a sillonné les rues de la capitale et le Web tout l’été pour arriver à ce chiffre

A.L.
Illustration d'une devanture de salon de massage à Paris (Archives)
Illustration d'une devanture de salon de massage à Paris (Archives) — V. Wartner / 20 Minutes

Des « salons de massages » qui étaient en fait des lieux de prostitution. L’association Zéromacho, qui se définit comme un « réseau international d’hommes engagés contre le système prostitueur et pour l’égalité femmes-hommes », a dénombré au cours d’une grande enquête de terrain près de 300 lieux de prostitution à Paris, maquillés en « salons de massage ». « Les "salons de massages" chinois de Paris sont presque tous des lieux de prostitution », note l’association dans son étude.

Les membres de l’association ont sillonné la capitale et le web durant l’été et ont observé le plus de faux salons de massage dans le 17e arrondissement, spécialement dans le quart sud-est. A cet endroit, ils ont trouvé près de 55 lieux de prostitution. Les autres arrondissements qui concentrent beaucoup de faux salons sont les 16e, 9e, 14e, 15e avec respectivement 23, 25, 32 et 35 lieux de prostitution déguisés. Les arrondissements du centre (1er, 2e, 3e, 4e et 6e) et de l’est (19e et 20e) étaient a contrario moins concernés.

Vitrines « obturées par de grandes images collées »

Ces salons sont généralement situés dans des rues avec peu de passage, comportent un nom à consonance asiatique, ont une façade « dégradée » et des vitrines « obturées par de grandes images collées », selon Zéromacho. 85 % des masseuses identifiées par l’association étaient Chinoises, 14 % Thaïlandaises, et toutes « parlent très mal le français ».

Les enquêteurs de l’association ont procédé en allant sur le terrain pour 188 salons. Ils ont demandé s’ils pouvaient avoir un massage « avec finitions », et la réponse était alors positive pour les faux salons. Ils ont également parlé avec des voisins, ou des hommes qui sortaient des dits salons. Les autres salons ont été repérés sur le site Vivastreet, indique à 20 Minutes Zéromacho, qui promet de « continuer » l’enquête.

Le chiffre de 300 salons correspond par ailleurs au chiffre indiqué dans une note de la préfecture de police en 2015, et relayée par Le Figaro. L’association Zéromacho a adressé un signalement au procureur de la République de Paris.