Quatre interpellations après des heurts nocturnes entre policiers et étudiants à Montmartre

VIOLENCES 150 personnes se seraient livrées à des actes de vandalisme...

C. F. (avec agence)

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Quatre personnes ont été placées en garde à vue après avoir été interpellées à Paris dans la nuit de mardi à mercredi, lors d'une manifestation d'étudiants qui a donné lieu à des heurts avec la police et des dégradations.

La préfecture de police (PP) a fait état de dégradations sur des commerces le long du parcours de la manifestation, entre Gobelins et Barbès (Paris 18e). Selon la PP, il n'y a pas eu «confrontation directe avec la police qui a toutefois essuyé des jets de projectiles et qui a interpellé ces quatre personnes, sans qu'il soit précisé s'il s'agit d'étudiants.

Charge des CRS anti-émeute

Au cours des heurts, selon un journaliste de l'AFP, des CRS en tenue anti-émeute ont chargé des groupes d'étudiants dans le quartier de Montmartre (18e arrondissement).

Le sol de plusieurs rues était jonché de bris de verre, et les vitrines d'un supermarché et de deux agences bancaires ont été brisées. Des témoins ont indiqué à l'AFP que quelque 150 personnes avaient fait irruption et s'étaient livrés à des actes de vandalisme.

Manifestation spontanée

Un étudiant a expliqué à l'AFP que parmi les nombreux étudiants (plusieurs milliers selon lui) réunis dans la soirée sur le site de l'Université Paris VII pour une «nuit des universités» organisée dans le cadre de la mobilisation des enseignants-chercheurs, une partie avait décidé de manifester spontanément dans les rues de la capitale. La PP précise à 20minutes.fr qu'il était alors 22h30.

Après avoir brièvement bloqué la circulation près de Châtelet, ce groupe s'est rendu dans les quartiers de Barbès et de Montmartre, où il a été poursuivi par les CRS, visés par des jets de bouteilles, a indiqué cet étudiant sous le couvert de l'anonymat.

Une internaute de 20minutes.fr témoigne: «J'étais à la manif où il y a eu des "heurts" entre policiers et étudiants. Le rassemblement de "la nuit des universités" n'était pas seulement dans le cadre de la mobilisation des enseignants chercheurs, mais surtout dans le cadre du mouvement étudiant contre la LRU; des étudiants de plusieurs facs y étaient présents. La majeure partie ce rassemblement (avec concerts et interventions) a ensuite pris la rue. Nous étions entre 1.000 et 1.500, dans le but de faire entendre la voix des étudiants, avec des slogans spontanés du type: "Paris debout, réveille soulève toi!", "Sarkozy démission", "Flics, porcs, assassins !" (en référence au slogan grec après la bavure policière à Athènes), "abrogation de la LRU", "du fric pour les facs et les lycées, par pour les flics ni pour l'armée"...»

Sciences-Po occupé dans l'après-midi

Un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de véhicules de police dans les environs et assisté à une interpellation. Contacté par 20minutes.fr, l'Unef n'avait pas connaissance de ces évènements. «Souvent, certains profitent d'une mobilisation étudiante pour commettre des actions violentes», observe le premier syndicat étudiant. Mais «on fait le constat d'un climat d'exaspération extrêmement fort dans l'université, car le gouvernement reste sourd aux revendications des étudiants, notamment sur la formation des enseignants», confie à 20minutes.fr le président de l'Unef, Jean-Baptiste Prévost.

Auparavant, l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, ou Sciences-Po Paris, avait été occupé dans l'après-midi et une partie de la soirée par quelque 200 étudiants d'universités franciliennes voulant dénoncer les inégalités dans l'enseignement supérieur, selon un étudiant sur place et le syndicat Sud-Etudiant.

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