Immobilier à Paris : Les prix baissent dans la capitale alors qu’ils augmentent en Ile-de-France

LOGEMENT Sur les douze derniers mois, les prix de l’immobilier à Paris ont baissé de 1,5 %

A.L.
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La crise sanitaire et les confinements ont fait baisser le marché de l'immobilier parisien.
La crise sanitaire et les confinements ont fait baisser le marché de l'immobilier parisien. — Xavier Francolon/SIPA
  • A Paris les prix de l’immobilier ont baissé de 1,5 % sur 12 mois, contre 4,9 % d’augmentation en France.
  • Pour Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents, cette divergence entre Paris et ses alentours est « inédite » au XXIe siècle.
  • A l’inverse, la grande banlieue parisienne a vu ainsi ses prix augmenter de 8,3 % entre mars 2020 et août 2021, tandis que la proche banlieue augmente de 5,3 %.

« C’est la première fois que je vois cela en 20 ans » , commente Thomas Lefebvre, le directeur scientifique de Meilleurs Agents. La plateforme digitale spécialisée dans l’immobilier présentait ce mardi une étude sur les nouvelles tendances pour le marché immobilier, avec en point d’orgue cette nouvelle : alors que les prix augmentent presque partout en Ile-de-France, ils baissent à Paris.

Cette baisse n’est que de 1,5 % sur 12 mois (contre 4,9 % d’augmentation en France) mais cette divergence entre Paris et ses alentours est « inédite » au XXIe siècle selon le directeur scientifique. Les prix à Paris ne baissent en effet que très rarement. Ils avaient baissé en 2008 et 2011, fait remarquer Thomas Lefebvre, mais c’était alors l’ensemble de la région parisienne qui avait connu le même mouvement.

Rapport de force inversé

Sans qu’on constate un « exode rural » les différents confinements ont cependant bien eu un impact sur les décisions d’achat des acheteurs, qui se sont tournés vers le périurbain plutôt que les grandes métropoles. Et dans une moindre mesure, les résidences secondaires. La grande banlieue parisienne a vu ainsi ses prix augmenter de 8,3 % entre mars 2020 et août 2021, tandis que la proche banlieue augmente de 5,3 %.

Les ventes « au prix », c’est-à-dire sans négociations, sont par ailleurs proportionnellement plus nombreuses en grande banlieue qu’à Paris au troisième trimestre 2021 (36 % des ventes en grande banlieue se sont faites au prix, contre 31 % à Paris), alors qu’elles étaient proportionnellement moins nombreuses au premier trimestre 2020 en grande banlieue qu’à Paris (24 % contre 36 %). En bref, le rapport de force s’est inversé entre Paris et ses alentours.

« Résidence semi-principale »

« Il y a bien un “effet confinement”, confirme Thomas Lefebvre. Les gens ont pris goût à travailler dans un environnement différent, mais comme ils n’ont aujourd’hui généralement que deux jours de télétravail par semaine, cela ne permet pas d’aller très loin. D’où ce choix du périurbain. « Le télétravail a ainsi fait émerger le concept de “résidence semi-principale” » , remarque l’étude.

Le confinement ayant suscité chez beaucoup de gens une envie de verdure et d’espace, ce sont donc assez naturellement les maisons qui connaissent la plus forte augmentation des prix, comparées aux appartements. En Seine-Saint-Denis elles prennent 7 %, contre 3,2 % pour les appartements. Cette dichotomie se retrouve dans tous les autres départements d’Ile-de-France.

Les prix de la capitale vont-ils pour autant baisser en dessous de 10.000 m2 ? Pas pour autant, observe l’étude. La proportion de ventes au prix à Paris, qui avait dramatiquement chuté pendant le confinement, a en effet tendance à se stabiliser, remarque Meilleurs agents. « Les prix parisiens ne devraient plus trop baisser » , estime Thomas Lefebvre, dans un contexte où les étudiants sont revenus, et où investir à Paris représente encore une forme de « sécurité » , selon le spécialiste. Bref, si vous comptiez acheter à Paris, cet article ne devrait pas vous décourager… pour des raisons financières, du moins !