Paris : Non, l’hôpital Cochin n’a pas reculé la date butoir de l’obligation vaccinale des soignants

FAKE OFF Une internaute soutient à tort, dans un message viral, que l’hôpital Cochin a repoussé « la date butoir » de l’obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19, et ce en raison d’un taux trop peu élevé de vaccination parmi ces derniers

20 Minutes Fake off
— 
Illustration d'une clinique.
Illustration d'une clinique. — SYSPEO/SIPA
  • Dans un message viral, une internaute affirme que l’hôpital Cochin, à Paris, « a repoussé la date butoir [de l’obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19] du 15 septembre au 15 octobre. »
  • L’hôpital n’a pas modifié cette obligation. Car ces échéances du 15 septembre et du 15 octobre sont déjà prévues dans la loi.
  • Cette demande de vérification nous a été envoyée par un lecteur.

Une « petite victoire » en trompe-l’œil, qui n’est qu’une simple application de la loi. Une internaute affirme dans un message devenu viral sur Twitter ce vendredi que l'hôpital Cochin, à Paris, « a repoussé la date butoir [de l'obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19] du 15 septembre au 15 octobre. »

En cause, le taux de vaccination des agents, avance-t-elle : « 40 % du personnel n’est pas vacciné, du coup ils se sont rendu compte que s’ils devaient suspendre toutes ces personnes, ils n’auraient plus assez de monde pour faire tourner l’hôpital. »

Un délai que l’internaute qualifie donc de « petite victoire ». Mais est-ce vraiment le cas ?

FAKE OFF

Ce délai n’est pas le fruit d’un accord obtenu seulement dans cet hôpital parisien. Il s’agit simplement du contenu du texte de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, qui s’applique donc dans tous les hôpitaux de France.

A partir du 16 octobre, les soignants devront être complètement vaccinés contre le Covid-19 ou bien détenir un certificat médical de contre-indication à la vaccination.

Une application en deux temps

Avant cette échéance, la loi prévoit deux périodes : depuis le 7 août et jusqu’au 14 septembre, les soignants qui ne sont pas complètement vaccinés doivent présenter soit un test négatif, soit un certificat de rétablissement du Covid-19, soit un certificat médical de contre-indication à la vaccination contre ce coronavirus, comme le précise le site Service public.

A partir du 15 septembre et jusqu’au 15 octobre, les règles évolueront : les soignants non complètement vaccinés devront présenter à la fois un test négatif et la preuve qu’ils ont reçu une première dose d’un des vaccins.

Que se passera-t-il au 15 septembre pour les soignants qui ne souhaitent pas recevoir au moins une dose des vaccins contre le Covid-19 ? Ils encourent une suspension, précise le service communication de l’AP-HP, dont dépend l’hôpital Cochin, à 20 Minutes.

Dans cet hôpital, « au moins 83 % de tous les professionnels ont reçu au moins une première dose »

Ensuite, à partir du 16 octobre, les soignants qui ne seront pas complètement vaccinés ou qui ne pourront pas justifier d’une contre-indication à la vaccination encourront également une suspension et ce jusqu’au 15 novembre, date de la fin de l’état d’urgence sanitaire. « À défaut d’avoir été vaccinés dans les temps, les salariés ou agents publics pourront être suspendus, sans rémunération, détaille le site Service public. Un licenciement en cas de défaut de vaccination au Covid-19 n’est cependant pas possible. »

A l’hôpital Cochin, « au moins 83 % de tous les professionnels ont reçu au moins une première dose de vaccination », détaille le service communication. Une estimation basée sur la fréquentation des centres de vaccination de l’AP-HP par ces professionnels de santé.

Si des soignants venaient à être suspendus en raison de cette obligation vaccinale, le risque est de déstabiliser des services qui sont « en sous-effectifs », alerte auprès de 20 Minutes Aglawen Vega, secrétaire général de la CGT Cochin. La CGT-Santé a d’ailleurs lancé un appel à manifester le 14 septembre contre l’obligation vaccinale et ces sanctions, craignant des risques pour les effectifs.