Dix policiers blessés dans un guet-apens aux Mureaux

YVELINES Ils ont reçu des tirs de plombs samedi soir...

Avec agence

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Au terme d'une semaine de tensions aux Mureaux (Yvelines), avec jets de pierre mercredi et jeudi soir, dix policiers ont été légèrement blessés par des tirs de plombs samedi soir, lors d'un guet-apens tendu dans le quartier de la Vigne-Blanche après un incendie de voiture.

Selon le directeur de la sécurité publique des Yvelines, Christian Loiseau, tout a commencé à 20h06 lorsque ceux-ci ont «été appelés avec les pompiers pour un incendie de voiture dans la rue Henri-Sellier en bordure du quartier des Musiciens», tombant alors dans «un guet-apens».

Un individu surgit avec un fusil à pompe

Sur place, en effet, les policiers sont aussitôt l'objet d'un caillassage en règle émanant d'une dizaine d'individus. «Nous avions à faire, à ce moment-là à une forme "classique" de violences, poursuit Christian Loiseau: «Un harcèlement des policiers par des jets de projectiles qui entraîne de notre part une riposte avec des tirs de grenades lacrymogène et de dispersion.»

Un cran supplémentaire dans la violence est franchi lorsque les forces de police se retrouvent autour du Totem, une statue près de l'avenue Paul-Raoult, à la Vigne-Blanche. A 21h40 précisément, un individu surgit d'un talus et fait feu sur les policiers, avec un fusil à pompe.

Dix policiers blessés par des petits plombs

«Vingt-quatre policiers (calibre 12mm, utilisés le plus souvent pour la chasse au petit gibier, nldr) ont reçu des plombs mais seulement dix d'entre eux ont été légèrement blessés dans leur chair», précise Christian Loiseau. Les quatorze autres ont vu les projectiles se ficher dans les protections de leur tenue. Les dix policiers blessés ont été soignés mais sans nécessité d'une hospitalisation.

«Nous avons également retrouvé quarante cocktail Molotov prêts à l'emploi rue Bizet, dans le quartier des Musiciens avant de procéder, vers 21h45, à l'interpellation d'un mineur âgé d'une quinzaine d'années», a indiqué le responsable de la police. L'adolescent, qui était toujours en garde à vue dimanche matin, est soupçonné d'avoir jeté des pierres sur les policiers. Sept autre personnes interpellées ont été relâchées dès samedi soir par la police alors que des renforts rétablissaient peu à peu le calme dans le quartier.

Décès d'un jeune le 8 mars

Depuis une semaine, un regain de tension avait été noté aux Mureaux, plusieurs patrouilles ayant été la cible de jets de projectiles lors des nuits de mercredi à jeudi et de jeudi à vendredi.

Les incidents graves de samedi soir pourraient avoir un lien avec la mort d'un jeune originaire des Mureaux, le 8 mars, tué en Seine-et-Marne par des policiers «en situation de légitime défense», après qu'un véhicule avec quatre occupants leur eut foncé dessus au terme d'une course-poursuite. Le jeune homme tué était originaire des Mureaux et exerçait la profession d'agent de prévention urbaine.

Les syndicats inquiets

Trois syndicats de police ont exprimé ce imanche leur inquiétude et réclamé plus de fermeté face aux «agresseurs» de policiers après cet incident aux Mureaux (Yvelines) ainsi qu'à Montgeron (lire encadré).

«La violence monte crescendo depuis Villiers-le-Bel (échauffourées entre jeunes et policiers, destruction matérielle après le décès de deux adolescents circulant en moto et entrés en collision avec une voiture de police fin novembre 2007) et les évènements en Outre-mer», a assuré à l'AFP Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance, second syndicat de gardiens de la paix.

Et dans l'Essonne... A Montgeron, le commissariat de police a été attaqué ce dimanche à 2h30 du matin par un ou plusieurs individus qui ont tiré au fusil de chasse, laissant 250 impacts de petit plomb sur la porte d'entrée.