Yvelines : Escapade en pleine nature à Saclay pour le Tour piéton du Grand Paris

REPORTAGE Dans cette étape du Tour piéton du Grand Paris, chaque randonneur a ses raisons de traverser les 24 km du plateau de Saclay

Maÿlis Dudouet
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La randonnée va bon train  le long de la Bièvre
La randonnée va bon train le long de la Bièvre — Maÿlis Dudouet
  • Le "Tour piéton du Grand Paris" est une boucle de 200 kilomètres répartie en onze étapes du 19 au 29 août.
  • Cette série de randonnées est organisée par le média Enlarge your Paris en partenariat avec la Société du Grand Paris.
  • Cette 2e édition du "Tour piéton du Grand Paris" trace les futures lignes du Grand Paris Express afin de faire découvrir gratuitement aux inscrits les espaces verts de la région Ile-de-France.

Vingt-quatre kilomètres de verdure. Là, au beau milieu du plateau de Saclay, entre forêts verdoyantes et sentiers bordés de cours d’eau, s’étale le groupe de randonneurs du Tour piéton du Grand Paris. Des grappes de Franciliens chaussés de leurs meilleures semelles se succèdent sur les chemins escarpés reliant Versailles-Chantiers à Massy-Palaiseau, sur les traces de la future ligne 18 du Grand Paris Express (GPE). Les pieds raclent, butent et trébuchent sur le sol caillouteux, tandis que les rayons du soleil dansent entre les feuillages des arbres.

Valentine, ethnobotaniste, accompagne le projet piloté par Enlarge Your Paris et financé par la Société du Grand Paris. « Je m’intéresse à cette autre grille de lecture du paysage. Au travers des plantes, on est amenés à comprendre ce qui nous entoure », explique la spécialiste. Dans le peloton de marche, au beau milieu du bois de Buc, Barbara avance à bon pas. « J’ai toujours aimé marcher. Cette sortie, c’est l’occasion de connaître un nouveau territoire. Et depuis mon retour de vacances, j’alterne entre la nature et la culture » observe cette enseignante originaire de Pantin (Seine-Saint-Denis).

Chacun a ses raisons de participer à la randonnée

Dans une ambiance conviviale, le départ était donné à 10 heures en gare de Versailles-Chantiers, précédé d’une distribution de chocolats et de cartes du parcours, avec leur lot de gommettes de couleur. À l’occasion de ce Tour piéton, principalement destiné aux randonneurs qui veulent passer de Paris à la banlieue, les commentaires laissés sur les cartes distribuées sont de véritables trésors destinés à améliorer les conditions de marche, selon Vianney Delourme, président d’Enlarge Your Paris.

Car dans le groupe, chacun à ses raisons de venir : certains en profitent pour se retrouver entre amis, comme les étudiants Francesco, Hanane et Inès. « J’ai travaillé tout l’été sur mon mémoire, je n’avais pas eu le temps de m’aérer jusqu’à aujourd’hui », explique cette dernière. Quand d’autres comme Jacques visualisent déjà les lieux où s’opéreront les changements liés à l’arrivée du Grand Paris Express. « Je voulais voir où passera le GPE, pour comprendre l’impact sur un territoire que je connais bien », se justifie l’ingénieur. Pour Miriam et Natacha, c’est la passion pour la randonnée qui anime leurs moindres faits et gestes. « Je vis rando », s’exclame l’une. « Je fais une randonnée de 30 km toutes les semaines. Depuis les confinements, beaucoup de jeunes s’y sont mis », relate l’autre.

La boucle se divise en 11 étapes réparties sur 200 km

Au total, ce sont 11 étapes qui relient les futures gares du Grand Paris Express, dans le cadre de cette 2e édition, sous la forme d’une boucle longue de 200 km, du 19 au 29 août. En ce mardi, les paroles de Vianney semblent capter toute l’attention des marcheurs à la moindre halte. Il faut dire qu’il lui aura fallu un mois et demi pour cartographier l’ensemble du territoire à explorer. « C’est par la connaissance et l’usage que l’on protège un territoire », détaille ce passionné.

Amis, retraités et solitaires longeront jusqu’à 17 heures la Bièvre puis l’Yvette, le tout entrecoupé d’une pause, le temps de se ravitailler à la ferme de Viltain, à Jouy-en-Josas. Et chaque arrêt est l’occasion de rappeler la cohabitation difficile entre urbanisme et nature, à l’exemple de Jean-François, membre de l’association « Les Amis de la Bièvre ». « Sans cette association, la vallée de la Bièvre n’aurait jamais été sanctuarisée sous Pompidou », explique Jean-François. « Mais la Bièvre est capricieuse », souligne-t-il en se remémorant les crues précédentes. Pourtant, en cette après-midi ensoleillée, nul ne se méfie de l’eau qui dort.