Skate : Les superstars du skate font bonne figure face à la tour Eiffel

REPORTAGE Les stars du skate se sont affrontées mercredi après-midi à Paris, lors du Red Bull Paris Conquest

Maÿlis Dudouet
— 
Le skatepark du Red Bull Paris Conquest, recréant 7 spots iconiques du skate parisien
Le skatepark du Red Bull Paris Conquest, recréant 7 spots iconiques du skate parisien — Maÿlis Dudouet
  • Près de 3500 personnes étaient attendues mercredi 18 août après-midi, sur présentation du pass sanitaire.
  • 36 skateurs et skateuses du monde entier se sont affrontés dans des sessions en tête à tête de 5 minutes, à l’occasion des huitièmes, quarts, demies et finales.
  • Le skatepark créé pour l’occasion recréait 7 spots iconiques du skate parisien, dont les regrettées marches de Bercy.

Un spot de skate dans l’alignement de la tour Eiffel. À l’occasion du tournoi du Red Bull Paris Conquest, les jardins du Trocadéro sont en effervescence. 36 participants se succèdent en ce mercredi après-midi, devant près de 3500 personnes. Ils ont 5 minutes pour tout donner, dans des sessions en face-à-face des plus difficiles. Le son des planches plaquées sur le sol du skatepark éphémère fait écho aux enceintes déversant des basses des plus gros tubes des années 1990.

Comme lors d’un voyage dans le temps, certaines stars de la compétition tel l’américain TJ Rogers ont opté pour marcel et jean ample, tandis que les nouvelles générations arborent jeans slims et sweats de marque. Accessoire indispensable : la casquette, vissée (ou pas)à l’envers sur le crâne. Mais ce n’est pas le style vestimentaire qui marque côté spectateurs. Ici, on vient pour le spectacle, les tricks et l’ambiance. En bref, le skate, le vrai. Celui qu’on pratique pour le plaisir et entre potes, comme le font Sildi et Wayne, lycéens albanais et sri-lankais scolarisés à Paris. Le premier a fait signer sa board, déjà bien entamée par les chutes. Lui qui avait l’habitude de regarder les skateurs depuis l’enfance a fait du chemin.

« Ce que j’aime, c’est la prise de risque, l’adrénaline dès qu’on lance un tricks »

A côté, Enzo profite en solo de l’événement : « Je suis venu découvrir et prendre du plaisir. » Ce qu’il aime dans le skate ? « La prise de risque, l’adrénaline dès qu’on lance un tricks*. » Sa planche est restée à l’hôtel, problème de roues. Aussitôt qu’il la fera réparer, direction les musées parisiens. « C’est pour les études. » Déplacement en skate bien sûr. C’est l’heure de l’affrontement

Près de la scène, Matteo accompagné de ses aînés Yohan et Tom commente chaque figure, plus impliqué que jamais. Les deux premiers se sont levés à 4 heures du matin pour partir de Reims. « Dès qu’on est arrivés, on a skaté », lance Matteo, dit « le minot ». « Côté français, je suis plus Aurélien Giraud que Vincent Milou », ajoute Tom, qui a suivi les JO avec attention.

L'américain Jake Ilardi en pleine figure
L'américain Jake Ilardi en pleine figure - Maÿlis Dudouet

«La clé, c’est d’allier image, ambiance et musique»

A l’international, c’est le brésilien Tiago Lemos qui est attendu. « Un dieu vivant », pour Matteo, qui skate depuis quinze ans. Leur figure préférée ? Les switchflips. Les trois amis connaissent bien les 7 spots parisiens recréés pour l’occasion, eux qui n’hésitent pas à filmer leurs exploits en mouvement pour les diffuser sur Instagram. « La clé, c’est d’allier image, ambiance et musique », résume Tom d’un air expert.

Certains compétiteurs semblent prendre un malin plaisir à plaquer leurs meilleures figures après le gong marquant la fin des matchs. Peut-être un moyen pour dire que le skate est plus qu’une affaire de compétition. Côté femmes, c’est la brésilienne Leticia Bufoni qui survole l'événement.

Victoires de Leticia Bufoni et Trevor McClung en finales

Pour Luana, brésilienne résidant à Montreuil, le sacre de Leticia Bufoni en finale n’est pas une surprise. Elle qui utilise le skate comme un « moyen de locomotion » aux côtés de son mari Bruno a vu l’évolution du regard porté sur la discipline. « Aujourd’hui, les gens prêtent plus attention au skate. » Pour la finale hommes, c’est l’américain Trevor McClung qui l’emporte, au grand dépit des fans de Milou regroupés dans un angle du skatepark.

En attendant la remise des prix, les skateurs en herbe n’hésitent pas à plaquer quelques tricks derrière la scène. Le temps d’une demi-seconde, pour certains.

* Un tricks signifie une figure de skate