Repos dominical ordonné pour Vuitton sur les Champs

Carole Bianchi

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C'est la fin d'une saga judiciaire. Et peut-être le début d'une nouvelle. Hier, le Conseil d'Etat a ordonné à la maroquinerie de luxe Louis Vuitton de fermer le dimanche le magasin des Champs-Elysées (8e). Cette décision, qui fait jurisprudence dans le domaine, va à l'encontre de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris de juin 2007 ayant autorisé la société à ouvrir son magasin ce jour-là.

Le Conseil d'Etat a indiqué que « les articles vendus par ce magasin ne sont pas des biens et services destinés aux activités de loisirs d'ordre culturel », comme Louis Vuitton l'avançait devant la justice. Et qu'ils « ne permettent donc pas de le faire bénéficier de l'autorisation dérogatoire d'ouverture le dimanche » dans les zones touristiques.

Contactée hier par 20 Minutes, la marque a indiqué qu'elle « ne conteste pas la décision », mais s'estime « autorisée à ouvrir le dimanche ». Elle explique qu'au cours de la procédure judiciaire, l'arrêté préfectoral dérogatoire a changé. « C'est de la mauvaise foi car le nouvel arrêté est identique au précédent, s'insurge Joseph Thouvenel, secrétaire général de la CFTC Paris. Cette décision est un retour au bon sens. Si tel n'avait pas été le cas, on aurait pu voir tous les magasins de chaussures ouvrir le dimanche dans les zones touristiques. » Le syndicat reconnaît toutefois l'aspect « totalement atypique » des Champs-Elysées et se dit « prêt à discuter avec l'ensemble des acteurs » sur une ouverture de tous les magasins de l'avenue à certaines conditions. « C'est une avancée intéressante du syndicat, analyse François Lebel, maire UMP du 8e arrondissement. Car l'interdiction d'ouverture dominicale est une absurdité totale. Cela crée des emplois, notamment à temps partiel, pour les étudiants qui souhaitent travailler. Aujourd'hui, les tour-opérateurs évitent Paris le dimanche et se replient sur Londres. » ■