ADP n'est pas près de laisser béton son terminal 1

Alexandre Sulzer

— 

Le « Camembert » fête ses 35 ans. Ce bloc de béton circulaire en forme de soucoupe volante, de 43 m de haut et 130 m de diamètre, était inauguré le 14 mars 1974 et constituait alors à lui tout seul l'aéroport de Roissy. Son architecture était révolutionnaire (lire encadré) et devait être reproduite pour l'ensemble de la zone aéroportuaire.

Aujourd'hui, il correspond au simple terminal 1, délaissé par Air France, en marge du développement de l'aéroport. Mais pour son anniversaire, l'aérogare historique, au furieux look seventies, a bénéficié de 280 millions d'euros d'investissement. Soit cinq ans de travaux. « Outre l'aspect technique (réseaux électriques, climatisation...) le terminal 1 avait besoin d'une rénovation fonctionnelle », explique René Brun, directeur de Roissy-Charles-de-Gaulle (CDG).

Car CDG 1 était complètement congestionné. Prévu pour accueillir 10 millions de passagers annuels, il en recevait jusqu'à 12 millions. Autant de voyageurs serrés dans un hall d'accueil dont l'espace était très sérieusement réduit par des banques d'enregistrement qui bloquaient la circulation au sein du « Camembert ». Elles ont été redisposées de façon circulaire. Autre grand changement : les contrôles de sûreté (pas prévus dans la conception initiale) encombraient le hall. Et les files d'attente finissaient par s'entrecroiser. Les contrôles ont donc été déplacés juste avant les salles d'embarquement. Au grand soulagement des compagnies aériennes qui craignaient que leurs clients ne se lassent. « Cela va permettre une plus grande qualité de service », se réjouit Star Alliance (Lufthansa, United Airlines...) qui gère près d'un vol sur deux sur la plate-forme. Playstation 3, espace enfant, nouveau salon de première classe doivent également achever de placer l'aérogare au niveau du standing international. De nombreux bureaux ont été déplacés afin d'augmenter de 25 % les espaces de commerces et de restauration. Une manne non négligeable pour Aéroports de Paris (ADP) qui voit débarquer des marques aussi prestigieuses que Hermès, Kenzo ou Longchamp. Esthétiquement, la structure béton reste inchangée. « Nous voulions garder l'âme du bâtiment », explique Karine Droit-Mijoule, l'architecte qui a tout de même fait sauter des cloisons et percer le bâtiment de grands escaliers hélicoïdaux aux couleurs éclatantes. L'accès aux satellites d'embarquement, via des tapis roulants en pente, reste, lui, inaccessible aux handicapés non accompagnés. Un autre héritage du passé. ■