Le festival Rosa Bonheur célèbre la création féminine, avec Clara Ysé ou Juliette

AU VERT La programmation du festival qui a lieu à Thomery est à l’image de cette femme peintre du 19e siècle, libre et ambitieuse

A.L.
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Le château de Rosa Bonheur, qui accueille le festival du même nom.
Le château de Rosa Bonheur, qui accueille le festival du même nom. — Festival Rosa Bonheur

« Son nom sonne comme une promesse… », dit d’elle la harpiste Sandrine Piau, marraine du festival Rosa Bonheur, du nom de cette peintre animalière du 19e siècle au destin hors-norme. La programmation de « son » festival à Thomery, qui a lieu jusqu’au 5 septembre, est à son image, plein de diversité et de caractère, et surtout, résolument féministe. L’affiche est d’ailleurs signée par l’autrice des Culottées, Pénélope Bagieu.

On trouve au festival Rosa Bonheur à la fois de la chanson – la truculente Juliette, la poétique Clara Ysé ; de la musique classique avec Lucile Richardot, Rosemary Standley et Dom la Nena ; ou encore du jazz avec la contrebassiste Sélène Saint-Aimé, qui avait confié à 20 Minutes avoir composé son morceau Pene Ombra dans la maison même de Rosa Bonheur.

Le lieu du festival vaut à lui tout seul la visite

Femme libre portant le pantalon – pour lequel elle devait demander permission tous les six mois à la préfecture de Paris – et créatrice de génie, on disait de Rosa Bonheur, avec force misogynie, qu’elle « peignait comme un homme », parce qu’elle peignait bien. Elle acquit une notoriété internationale après son tableau Le Marché aux chevaux, qui fit d’elle une véritable star courtisée des acheteurs, amie de Buffalo Bill, première femme promue au grade d’officier de la Légion d’honneur et hôtesse de l’impératrice Eugénie.

L'atelier du château de Rosa Bonheur.
L'atelier du château de Rosa Bonheur. - Festival Rosa Bonheur

Et le lieu du festival vaut d’ailleurs à lui tout seul la visite, ce château qu’elle a pu acquérir après avoir atteint une reconnaissance internationale. On peut y bruncher dans le salon de thé d’époque et visiter son atelier où trônent encore sa blouse brodée, son chapeau, ses bottines, ses palettes, ses carnets de croquis, ses notes, et « jusqu’à ses mégots de cigarettes », promettent les organisateurs et organisatrices. Voire dormir dans sa chambre aux tentures rosées, si l’on peut s’offrir un très beau mais cher week-end (350 euros).

Concerts et spectacles les vendredi et dimanche jusqu’au 5 septembre. Château de Rosa Bonheur. 12 rue Rosa Bonheur, 77810 Thomery. Cinquante minutes depuis la Gare de Lyon – Ligne R, en direction de Montargis (Arrêt Thomery). Places entre 20 et 30 euros. Tarif réduit 10 euros. Toutes les informations et la programmation complète sur chateau-rosa-bonheur.fr.