RATP : Pour la ligne 4, le prolongement passe avant l'automatisation

REPORTAGE Sous le sol de Bagneux (Hauts-de-Seine), les trains connaissent une nouvelle vie avant l'ouverture des deux nouvelles stations du métro de la ligne 4, en janvier 2022

Maÿlis Dudouet
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Le Centre de Dépannage des Trains (CDT) mis en place à l'extrémité de la ligne 4
Le Centre de Dépannage des Trains (CDT) mis en place à l'extrémité de la ligne 4 — Maÿlis Dudouet
  • La RATP procède au prolongement de sa ligne 4 avec l’ouverture de deux nouvelles stations, Barabara et Bagneux-Lucie Aubrac.
  • L’automatisation des trains a quant à elle été reportée, pour donner la priorité à l’accès pour les usagers en janvier 2022.
  • Au total, 1,8 kilomètre de voies ont été ajoutés, tandis qu’un centre de dépannage pour la maintenance légère des trains était inauguré en juin dernier.

Des voies et des couloirs déserts. C’est le tableau étrange offert par la station de métro Bagneux-Lucie Aubrac, sortie de terre en vue d’accueillir le terminus de la ligne 4 en janvier 2022. Ici, à 7 mètres de profondeur, les travaux d’aménagement se répartissent en deux étapes. L’une, dédiée au prolongement des voies d’1,8 kilomètre, doit se préparer à accueillir les 37.000 voyageurs quotidiens sur le terminus à Bagneux, tandis que la seconde station baptisée Barabara fait l’objet des dernières finitions. La RATP et Ile-de-France Mobilités prévoient également un raccordement au Grand Paris Express courant 2025.

Quant à l’étape d’automatisation de la ligne, les aménagements des portes ont déjà été effectués entre Clignancourt et Montrouge, dans l’optique de recourir à des trains sans conducteurs. « Le fait que le train avance tout seul paraît simple, mais en réalité il faut un travail considérable pour éviter les collisions et s’assurer que le train fonctionne bien tout le temps », détaille Sandrine Sérouart, chef de projet RATP. Pour appuyer le projet, l’entreprise a également ses arguments : « L’absence de conducteurs permet plus de régularité, et surtout un renforcement des lignes. »

Mise en service du prolongement en janvier 2022 avant l’automatisation fin 2023

La date d’ouverture des nouvelles voies a été décalée « de mi-2021 à mi-2022 ». Soit un an de plus : l’automatisation et le prolongement de la ligne 4 ne se feront pas en même temps. « On a voulu privilégier la mise en service du prolongement pour janvier 2022, pour ensuite s’attarder au programme d’automatisation. C’est un vrai choix. » À terme, tous les trains automatiques devraient circuler fin 2023, le temps de la mise au point des systèmes d’automatisation de l’exploitation des trains (SAET).

Derrière cette décision, l’impact de la crise sanitaire, mais aussi un problème lors d’une phase de tests qui ont pesé dans la balance. La communication ayant été rompue entre les appareils de localisation au sol et ceux du train, une mise au point était obligatoire. « C’est très dangereux lorsque le train ne transmet pas sa position, souligne Sandrine Sérouart. Dans ce genre de cas, il est conditionné pour se mettre à l’arrêt. » Des mises au point qui prennent du temps, pour garantir la sécurité du réseau.

Un centre de dépannage pour la maintenance légère

Autre aménagement de taille, le Centre de dépannage des trains (CDT), situé à l’extrémité de la ligne, hébergera tous types de trains à six voitures, aussi bien pour la maintenance légère (problèmes de portes, freinage) que pour les modifications en vue de l’automatisation complète. Sous le sol de Bagneux, éclairées par les néons, deux voies surélevées se font face, des trains de la ligne 14 sont stationnés, avant un recalibrage complet des systèmes. Si l’extérieur se refait une beauté, l’intérieur ne change pas pour les usagers habitués des fauteuils mauve-vert-rouge.

Pour alimenter cet important trafic, la RATP récupère trois types de trains, qu’elle adaptera aux nouvelles technologies embarquées. Elle va aussi investir dans des rames supplémentaires. Au total, ce seront 52 trains qui circuleront sur la ligne en 2023.