Yvelines : La poule de Houdan, espèce oubliée passée de plat royal à animal de compagnie

COCORICO La poule de Houdan, espèce originaire des Yvelines, est aujourd’hui réintroduite dans les jardins des particuliers. Didier Langlais, expert en aviculture et entrepreneur, revient sur le succès de ce gallinacé

Maÿlis Dudouet
— 
La poule de Houdan
©Magalli
La poule de Houdan ©Magalli — Magalli
  • La poule de Houdan est une espèce rare originaire de la ville éponyme dans les Yvelines.
  • Autrefois prisée des tables royales pour sa chair, la poule de Houdan est aujourd’hui un animal de compagnie pour les particuliers.
  • En France, deux millions de poules domestiques sont vendues chaque année. L’entreprise Magalli, expert dans le domaine, vend près de 1.500 poules de Houdan par an.

En crête et en plumes. La poule de Houdan est de retour, là où on ne l’attend pas. L’espèce autrefois prisée des assiettes royales revient… dans les jardins. Originaire des Yvelines, elle connaît un regain d’intérêt, après avoir frôlé la disparition dans les années 1970, grâce à l’implication de nombreux passionnés d’aviculture. Aujourd’hui, les particuliers n’hésitent pas à mettre à disposition un lopin de terre pour accueillir le poulailler de cette volaille charismatique.

« C’est une poule à la morphologie atypique », explique Didier Langlais, expert en aviculture et cofondateur de Magalli, un groupe spécialisé dans la vente de poules domestiques, qui travaille avec différentes espèces de gallinacés. « Elle est noire mouchetée de blanc, avec une crête particulière. Sans parler de son histoire : en la proposant à des particuliers, on a souhaité maintenir la biodiversité, et l’empêcher de frôler la disparition à nouveau. » À l’origine, la poule tire son nom de la ville de Houdan dans les Yvelines, et était appréciée pour la qualité de sa viande, en plus d’être une poule pondeuse. « Elle se retrouvait dans les plats royaux à Versailles », s’amuse Didier Langlais.

De plus en plus de liens affectifs entre animal et propriétaire

Mais aujourd’hui, c’est une petite révolution qui s’opère… « Ce qui est nouveau, c’est que de plus en plus de particuliers souhaitent avoir des poules, contrairement à la base traditionnelle d’élevage en zone rurale, détaille le passionné. Maintenant, ce sont des personnes qui vivent en zone urbaine ou périurbaine qui possèdent deux à trois poules dans leur jardin pour leur consommation personnelle en œufs. Pour d’autres, c’est un véritable animal de compagnie. Il y a de plus en plus de liens affectifs qui se créent entre animal et propriétaire : certains n’auront jamais à l’idée de manger leur poule. »

Et le marché des poules domestiques est loin d’être négligeable. « En France, environ deux millions de poules sont vendues tous les ans à des particuliers », chiffre l’expert. Quant à la poule de Houdan, qui est une espèce rare, l’entreprise Magalli en vend près de 1.500 par an. Une fois vaccinée contre la salmonelle, cette dernière est ainsi revendue en animalerie entre 35 et 50 euros. Ill ne manque alors qu’un poulailler à l’enclos propre. « Si l’on a beaucoup travaillé avec des passionnés, on commence à être contactés par les associations de fermes urbaines. C’est à eux que l’on essaye de proposer des races locales. »