« Paris 16e » devant les habitants

Magali Gruet

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Un petit côté « Dallas », quelques codes de « Gossip Girl », mais surtout « une caricature ». Hier, 20 Minutes a fait visionner « Paris 16e », la nouvelle série de M6 que la chaîne diffuse à partir de ce soir à 17 h, à deux foyers du 16e arrondissement. Chez Ghislaine, 42 ans et sa fille Laure, 17 ans, où leurs amis Michèle, 71 ans, et Jean-Claude, 39 ans, s'étaient déplacés pour l'occasion, la série est décortiquée point par point.

Tous tentent de reconnaître les lieux, les cafés, les rues qu'ils fréquentent, et critiquent le mode de vie « bling-bling » des personnages. « On nous montre beaucoup de décors qui font riche. Là, c'est le côté moderne, design, apprécié par les cadres supérieurs », selon Ghislaine. « Oui, car il y a aussi des appartements plus classiques dans le 16e, particulièrement Louis XV et Louis XVI », précise Michèle. Les vêtements des acteurs font aussi réagir. « Le costard trois pièces, c'est vraiment cliché, personne ne s'habille plus comme ça », lance Ghislaine, quand Michèle explique que « le look des jeunes du 16e, c'est jean et quelque chose de très chic en haut. Là, c'est trop classique. » Le mot « caricature » revient en boucle. « Ils sont riches, dans les affaires, donc ils sont mafieux. Ça va leur faire plaisir dans le quartier ! », s'amuse Ghislaine. « Les belles voitures par contre, il y en a un paquet, je n'arrête pas d'en voir rue de Passy », complète Jean-Claude. « Ce n'est pas complètement faux, mais c'est une toute petite partie du quartier qui vit comme ça, au nord de l'arrondissement. Ce n'est pas spécifique au 16e, c'est spécifique au fric, sauf qu'il y a la tour Eiffel derrière de temps en temps. Ça me fait penser à " Dallas ". Ça ne donne vraiment pas une bonne image », s'inquiète Michèle. Ghislaine se demande les effets d'un tel « étalage de richesse en temps de crise ». Dans le second foyer choisi par 20 Minutes, où quatre colocataires âgés de 27 à 29 ans ont réuni une quinzaine d'amis, l'image du 16e véhiculée dans la série dérange également. « Ça ne va pas faire une meilleure image du 16e, alors que ça craint déjà à mort », lance une participante. « Il y a des répliques clichées qui sont monumentales », insiste un autre. « Par contre, vouvoyer ses parents, c'est très 16e. » L'un des invités, qui se définit comme « un provincial », explique qu'il n'avait « pas conscience des clichés du 16e avant d'arriver à Paris. Maintenant, toute la France aura une sale image de l'arrondissement. » « Cette série parle des nouveaux riches. Les intrigues sont rocambolesques, mais les personnages sont individuellement crédibles », explique l'un des colocataires. Ses amis confirment. ■■Lire aussi p. 20