Paris : Ce banc se rafraîchit dès que la température dépasse 25 degrés

PAUSE FRAICHEUR Ce banc rafraîchissant situé dans le 13e arrondissement capte et diffuse l’air naturellement frais des carrières parisiennes, lorsque la température extérieure dépasse les 25 degrés à Paris

Maÿlis Dudouet
— 
Le banc climatique qui rafraîchit grâce à l'air des carrières - situé au 30 place Jeanne d'Arc à Paris.
Le banc climatique qui rafraîchit grâce à l'air des carrières - situé au 30 place Jeanne d'Arc à Paris. — © Mario Simon Lafleur
  • Ce « banc climatique » se situe au 30, place Jeanne-d’Arc, dans le 13e arrondissement de Paris. Il est expérimenté depuis le 1er juin et jusqu’au 15 septembre 2021.
  • Ce prototype détourne la technique du puits provençal, reliant l’air frais des carrières parisiennes à la surface.
  • Au-delà de 25 degrés, une sonde active un mécanisme permettant la ventilation qui traverse les fentes visibles sur les côtés du banc.

Quand la température monte à Paris, une pause fraîcheur est possible sur un banc du 13 e arrondissement. En pierre lisse, de forme allongée, avec une légère courbe, ce «  banc climatique » détourne l’air des carrières parisiennes sous la surface pour se rafraîchir selon le principe de puits provençal. « La pierre reste donc fraîche en toutes circonstances », explique Frédéric Blaise, un des architectes de l’agence Alt qui a travaillé sur le projet avec Guillaume Duranel, Julia Lenoir et les designers Emma Lelong et Rémi Nguyen.

Il poursuit : « La technique du puits provençal existe depuis des milliers d’années. En construction, au-delà de 30 centimètres de profondeur, il n’y a plus de variation de température : on reste à une température constante entre 12 ou 14 degrés. À l’aide d’un système de ventilation intégré au banc, on rafraîchit naturellement l’espace public en reliant cet air à 14 degrés avec la surface. »

« La première fois que ces carrières sont perçues comme un atout »

Installé le 1er juin au 30, place Jeanne-d’Arc, et expérimenté jusqu’au 15 septembre, le banc est placé sur un tampon de voirie ouvert sur une carrière en profondeur. Au-delà de 25 degrés, une sonde active le mécanisme permettant la ventilation qui traverse les fentes visibles sur ses côtés. Ce projet a été créé dans le cadre du programme FAIRE du  Pavillon de l’Arsenal, dont l’une des missions est de sensibiliser à la fabrique de la ville.

Conçu en partenariat avec Climespace, l’inspection générale des carrières parisiennes et « Air des carrières », le prototype fait déjà des intéressés. « Après le concours, nous avons été contactés par d’autres mairies, détaille Frédéric Blaise. Mais le projet n’est pas possible partout : il faut qu’il y ait une carrière en dessous. » Les 13e et 14e sont deux arrondissements éligibles, étant situés au-dessus de carrières. « C’est la première fois que ces carrières sont perçues comme un atout, elles qui paraissaient habituellement être des contraintes. »

Même par temps chaud, comme cette semaine à Paris, le banc est concurrencé par les marches de l’église Notre-Dame-de-la-Gare dont les murs se dressent devant le dispositif en pierre. Suzanne, artiste allemande expatriée à Paris, en a fait son lieu de croquis, le temps de quelques heures. « L’idée est pas mal, sourit-elle un posca jaune à la main. Mais je l’aurais fait plus grand, moins mince. »