Quand le réseau Transilien joue les guides touristiques en Ile-de-France

DECOUVERTES Pour la deuxième année consécutive, le réseau Transilien de la SNCF propose via le hashtag #CPasLoinEnTrain des parcours touristiques « à portée de train » pour découvrir le patrimoine de la région Ile-de-France

Maÿlis Dudouet
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Un train Transilien, à Puteaux (Hauts-de-Seine)
Un train Transilien, à Puteaux (Hauts-de-Seine) — © Clément Follain / 20 Minutes
  • Pour pallier une baisse de fréquentation en semaine, le réseau Transilien SNCF invite les Franciliens et Franciliennes à découvrir des lieux touristiques de la région en suivant le hashtag #CPasLoinEnTrain.
  • Ces escapades et monuments insolites sont « à portée de train » et des explications sont disponibles sur le site de la SNCF.
  • Un concours photo pour enfants est organisé pour marquer la création d’un compte Instagram de la campagne de communication.

« On a senti que les gens avaient besoin de partir, de prendre l’air. Alors on a eu envie de soutenir les acteurs du tourisme et faire profiter du patrimoine d’ Ile-de-France », résume Amandine Martin, secrétaire générale de SNCF Transilien. Pour la deuxième année consécutive, la compagnie ferroviaire, en partenariat avec le créateur de contenus Enlarge your Paris, propose des découvertes insolites au travers de sa campagne #CPasLoinEnTrain.

Escapades et destinations inconnues font leur chemin sur la page Internet de la campagne SNCF, également disponible depuis le 24 juin sur Instagram avec le compte @cpasloinentrain. Au programme, des « balades nature », des artisans « à portée de train », des visites groupées de monuments historiques, etc., le tout recensé à proximité des  gares. Car le réseau est large. « 84 % des Franciliens vivent à moins de 3 km d’une gare. Et si l’on rajoute le métro, c’est 89 % », rappelle Amandine Martin. Autre argument avancé par la compagnie, au-delà d’un enjeu social et économique, « le train est avant tout le transport décarboné le plus rapide ».

Des partenariats liés avec les collectivités franciliennes

C’est dans un contexte particulier que s’inscrit la campagne #CPasLoinEnTrain. Entre novembre 2020 et mai 2021, la SNCF a constaté une baisse de fréquentation de l’ordre de 50 %. Après un retour à la norme en termes de services, la fréquentation atteint actuellement les deux tiers de son équivalent hebdomadaire avant la crise sanitaire, ce qui représente 2,2 millions de personnes par jour contre 3,4 millions auparavant.

Quant aux week-ends, la fréquentation avoisine les 80 %. De ce constat, la SNCF Transilien a décidé de s’adapter. « On voit qu’il y a une envie, un besoin de circuler le week-end. Si à l’avenir, le télétravail entraîne moins de fréquentation en semaine, on peut établir une offre de tourisme pérenne les week-ends », ajoute la dirigeante. Ainsi, chaque ligne de transport noue des partenariats autonomes, le temps pour les collectivités d’Ile-de-France de partager ses joyaux cachés.

Les « micro-aventures » victimes de leur succès

Au sein de ces petites actions destinées à fournir un « accueil chaleureux », de gros sites touristiques ont misé sur l’originalité. L’illustration est donnée à Fontainebleau avec l’instauration d’un système de calèches en sortie de gare. A l’inverse, « les petites gares n’avaient pas l’enjeu du train en tête. Or, c’est justement de ces "derniers kilomètres" dont on ne s’occupe pas : notre rôle s’arrête à la gare », évoque Amandine Martin. Parmi les transformations opérées par ces petites collectivités peu habituées à un tel tourisme, on recense de nouvelles signalétiques, mais aussi des « mobilités douces » comme le vélo, pour guider les gens jusqu’aux points d’intérêt.

On retrouve également des lieux insolites comme le cabinet d’écriture d’Alexandre Dumas dans le parc du château de Monte-Cristo (accessible par la ligne L en gare de Marly-le-Roi), mais aussi des musées comme celui d’Albert Kahn (station Boulogne-Pont-de-Saint-Cloud sur la ligne 10), ou encore le parc forestier de la Poudrerie (stations Sevran-Livry et Vert Galant du RER B). Quant aux « micro-aventures » proposées par l’organisme, ces dernières sont victimes de leur succès : la séance de paddle sur un bras de la Seine et le cours d’initiation au golf affichent déjà complet.

Le tourisme à l’ère du numérique

Et le basculement du tourisme vers le numérique s’est fait sur tous les fronts : chaque sortie dispose d’un topoguide en ligne, tandis qu’une application mobile nommée HAPI propose une géolocalisation en temps réel des lieux à découvrir. En diversifiant les utilisations des tramways et RER, la SNCF Transilien entend donner des idées vacances à courte distance. Parmi les publics visés, les familles de la région mais aussi les jeunes sans voitures qui ont envie de bouger « hors des sentiers battus ». Et pour toucher les nouvelles générations, la compagnie mise également sur des influenceurs parisiens pour diffuser ses idées sorties.

Sur les réseaux sociaux, la campagne s’est finalement étendue sur toute l’année, plutôt que de rester un programme estival. La secrétaire générale l’assure, « aujourd’hui, #CPasLoinEnTrain est plus qu’une campagne : c’est devenu notre offre touristique locale. On propose désormais un listing de balades avant chaque période de vacances. » Un concours photo pour enfants est également organisé avec le média Paris Mômes via les hashtags #cpasloinentrain et #concoursparismomes. Les parents des participants auront jusqu’au 31 août pour diffuser les clichés de leurs bambins sur Instagram avec, à la clé, une trottinette ou un coffret de deux appeaux pour imiter le chant des oiseaux.