Le Conseil de Paris persiste et valide la sculpture hommage à Johnny Hallyday malgré l’opposition des Verts

QUE JE T'AIME Une moto sur un mât représentant un manche de guitare, voici l’œuvre hommage à Johnny Hallyday qui divise les élus parisiens

20 Minutes avec AFP
Johnny Hallyday a un rassemblement de Harley Davidson en 1990 à Paris.
Johnny Hallyday a un rassemblement de Harley Davidson en 1990 à Paris. — STEVENS FREDERIC/SIPA

« C’est possible en moto », chantait Johnny Hallyday, sur la scène de Bercy lors d’un concert live en 1990, tandis qu’un cascadeur zigzaguait sur la piste au dos d’une bécane rugissante. Mercredi, une décision lui fait écho : le Conseil de Paris a entériné le don d’une galerie d’art, sous la forme d’une sculpture haute de six mètres, afin de rendre hommage au chanteur décédé en décembre 2017, en dépit de l’opposition des Verts.

Dépeinte comme une «confrontation poétique de deux emblèmes indissociables de la figure du rockeur : une guitare et une moto», par la ville de Paris, l’œuvre signée Bertrand Lavier se compose d’un mât en acier inoxydable représentant un manche de guitare, au sommet duquel trône, de manière inclinée, un modèle Fat Boy bleu métal de la marque Harley-Davidson. Une référence qui ne passe pas auprès des écologistes. A l’issue des concertations, le projet de délibération a toutefois été validé dans sa majorité.

La sculpture bientôt sur le parvis de Paris-Bercy

La sculpture offerte par la galerie Kamel Mennour doit être installée sur le parvis du palais omnisports de Paris-Bercy, où le chanteur décédé en 2017 a donné 101 représentations et où se déroulera un concert hommage le 14 septembre. A cette occasion, le parvis sera rebaptisé esplanade Johnny-Hallyday.

Mais Emmanuelle Pierre-Marie, la maire EELV du 12e arrondissement où se situe l’enceinte du POPB et qui avait retiré le sujet de l’ordre du jour de son dernier conseil d’arrondissement, a dénoncé une œuvre «pas à la hauteur – sans jeu de mots – de cet immense chanteur», notamment pour une «raison d’esthétisme».

«Pied de nez» pour les uns, « œuvre d’art » pour les autres

«L’œuvre nous semble davantage honorer une certaine marque de motos que Johnny Hallyday lui-même, dans une forme de pied de nez à certaines des politiques que poursuit notre majorité», a ajouté l’élue écologiste au lendemain de l’adoption d’une réforme qui prévoit le stationnement payant pour les deux-roues motorisés thermiques dans la capitale dès 2022.

«Oui, c’est une moto, mais elle pollue pas, c’est une œuvre d’art», a répliqué la maire PS Anne Hidalgo pour qui «l’une des fonctions de l’art» est de «susciter des controverses». «C’est un objet qui symbolise aussi cet artiste et je vous invite à élever le débat, à ne pas nous caricaturer nous-mêmes», a dit la possible candidate du PS à la présidentielle.

«La Harley-Davidson et la guitare sont, c’est incontestable, tout à fait représentatives de Johnny Hallyday», a également estimé Raphaëlle Primet (PCF).
«Les écologistes n’ont pas à réécrire l’histoire de la vie d’un artiste», a fustigé pour sa part Valérie Montandon (LR), dénonçant «l’impudence» d’EELV et rappelant les polémiques récentes sur le Tour de France, les aéroclubs ou les sapins de Noël.