Paris : Contre le crack, Hidalgo veut ouvrir un lieu de prise en charge « dès cet été »

CONSEIL DE PARIS Anne Hidalgo a expliqué au Conseil de Paris avoir eu une réunion à ce sujet avec Jean Castex

20 Minutes avec AFP
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Anne Hidalgo le 29 mai 2021.
Anne Hidalgo le 29 mai 2021. — JP PARIENTE/SIPA

« Dès cet été, je prendrai ma part en ouvrant un premier lieu de prise en charge spécialisé du crack à Paris, comme j’en ai informé le Premier ministre » : La maire PS de Paris Anne Hidalgo, confrontée à la présence de toxicomanes dans les rues du nord-est parisien, a annoncé mercredi qu’elle entendait ouvrir « un premier lieu de prise en charge » des consommateurs de crack « dès cet été » dans la capitale.

Anne Hidalgo a expliqué au Conseil de Paris avoir eu une réunion à ce sujet avec Jean Castex lundi, et a appelé le gouvernement « à soutenir » les élus parisiens « dans le déploiement de cette solution ».

« Nous sommes prêts à en ouvrir plusieurs »

Anne Hidalgo réclame depuis plusieurs semaines l’ouverture de nouveaux lieux d’accueil des toxicomanes mêlant soins, hébergement et espaces de consommation, alors que l’opposition de droite est vent debout contre les salles de consommation à moindre risque (SCMR) dites « salles de shoot », un terme réfuté par l’élue socialiste.

« Nous sommes prêts à en ouvrir plusieurs, disséminées sur l’ensemble du territoire parisien et, en lien avec l’Etat, au sein du Grand Paris », a redit Anne Hidalgo qui a ouvert une première SCMR dans la capitale en 2016. Sa majorité a « identifié quelques sites susceptibles d’être adaptés dans différents arrondissements, dont certains fonctionnent déjà comme centres d’accueil et d’accompagnement ou comme espaces de repos ».

Mais « de tels dispositifs intégrés ne sont pas prévus en l’état actuel de la réglementation française », une « difficulté majeure » pour la maire, possible candidate du PS à l’élection présidentielle.

Olivier Véran pour, Didier Lallement contre

Début juin, le ministre de la Santé Olivier Véran a jugé « positif » le bilan des deux SCMR à Strasbourg et Paris, dont le cadre dérogatoire prend fin en 2022. Présent lors du débat, le préfet de police Didier Lallement a rappelé l’opposition du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin « à des salles où on se drogue ». « Si l’arbitrage du Premier ministre était différent, je le mettrai en œuvre comme toute chose », a ajouté le préfet de police, personnellement opposé aux SCMR.

Ce débat intervient une semaine après qu’Anne Hidalgo a interdit l'accès des toxicomanes aux jardins d'Eole, un parc où la préfecture, en accord avec la mairie, les avait provisoirement regroupés depuis mi-mai afin de soulager les riverains d’un quartier voisin. Malgré la fin de ce dispositif provisoire, les consommateurs de crack sont toujours présents à l’entrée nord du parc, où ils ont été de nouveau visés vendredi soir par des tirs de mortier.

« Inhumanité totale »

Rachida Dati, présidente du groupe LR, a accusé Anne Hidalgo d’avoir « fixé les violences, les agressions » et les « viols » autour des Jardins d’Eole alors qu’un site « moins dense » à la limite d’Aubervilliers et de Pantin lui avait été proposé. « Les salles de shoot ne sont pas une solution et ne le seront jamais car elles incitent à la consommation », a estimé l’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, suggérant à Anne Hidalgo, présidente des Hôpitaux de Paris, de recourir à « l’hospitalisation obligatoire » des toxicomanes.

L’enfermement, « c’est d’une inhumanité totale mais en plus ça n’a jamais fonctionné », lui a répondu l’adjointe à la santé Anne Souyris (EELV), se félicitant que « le reste de cet hémicycle arrive à un consensus » autour du fait que « l’accueil supervisé permet cette entrée dans le soin ».