Un bijoutier qui trompe énormément

Carole Bianchi

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Frédéric Bry était dans la légalité... à un poil près. Hier, le directeur général de la bijouterie de luxe Bry & Co a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 2 000 euros avec sursis pour défaut de justificatifs prouvant la légalité de l'importation de cinq mille poils d'éléphant.

Le pachyderme est l'une des premières espèces à avoir été protégées par la convention de Washington, entrée en vigueur en 1975. La société, située rue de la Paix (2e), a été condamnée à 5 000 euros d'amende. Les cinq associations de défense des animaux qui se sont portées parties civiles recevront 1 000 euros de dommages et intérêts.

Peu convaincant à la barre, Frédéric Bry a expliqué que ces poils découverts dans un sac au fond de la boutique avaient été achetés par son père dans les années 1980. Estimés à 1 500 euros l'unité, ces poils étaient tressés par la bijouterie et transformés en bracelets, boucles d'oreille et autres ornements. « Quand j'ai repris la tête de la société, j'ai conservé le stock qui restait. J'ai toujours eu l'impression d'être dans la plus parfaite légalité. Toutes ces années après, on me demande des justificatifs, mais c'est improuvable ! », a-t-il expliqué. « Et la queue d'éléphant retrouvée lors de la perquisition dans le sac ? », lui demande le président, le nez sur le scellé comportant la saisie. « C'est un cadeau offert par Valéry Giscard d'Estaing à mon grand-père qui était un grand chasseur », souffle le prévenu qui assure avoir envoyé un recommandé à l'ancien président de la République pour témoigner de sa bonne foi. « Cela me paraît difficile pour un professionnel de dire qu'il ignorait la réglementation », a indiqué le procureur. ■