Cinq ans d'inéligibilité requis

Magali Gruet

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« Une brûlure qui se ressent encore quinze ans après », selon le parquet. Le procureur Alexandre Aubert a estimé hier que Jean Tiberi était « complice », et même « instigateur » dans l'affaire des faux électeurs du 5e arrondissement, qui est examinée jusqu'à demain devant la 16e chambre correctionnelle de Paris. « M. Tiberi recevait à n'en pas douter des cartes frauduleuses à son domicile. Il a fictivement hébergé Mme X, jusqu'en 1997 », a t-il assuré, évoquant « la mauvaise foi », « le cynisme tranquille » du maire UMP du 5e arrondissement devant le tribunal. Il a requis 12 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité et de privation des droits civiques. La peine maximale.

Son épouse, Xavière Tiberi, décrite à plusieurs reprises comme « le bras droit » de son mari, risque le même sort : 10 mois de prison avec sursis, 5 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité et de privation des droits civiques ont été requis. « C'est elle qui connaissait le mieux ses électeurs, qui donnaient l'ordre de ne pas les radier », s'énerve le procureur, évoquant « l'incroyable autorité de fait de Xavière Tiberi, accablée par les témoignages des fonctionnaires de la mairie ». « Le couple, en fin stratège, voudrait convaincre de l'imperméabilité de leurs actions », a t-il commenté, illustrant la mise en avant de Xavière Tiberi par rapport à son mari. Les autres prévenus en ont également pris pour leur grade, le procureur ayant requis une relaxe, sept condamnations et un jugement « à l'appréciation des juges » pour le maire du 5e en intérim entre 1995 et 2001, Jean-Charles Bardon. « Ne faut-il pas le renvoyer à sa conscience ? », a demandé le procureur. Le jugement devrait être mis en délibéré demain soir, après les plaidoiries de la partie civile et de la défense. ■