Swimmy, la start-up qui permet de chiller dans la piscine de son voisin

PLOUF Raphaëlle de Monteynard a créé en 2017 Swimmy, qui permet la location de piscines entre particuliers. En Ile-de-France, on compte 230 piscines à louer

Marion Douzet

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Une piscine louée par des particuliers en Essonne
Une piscine louée par des particuliers en Essonne — Swimmy
  • Swimmy compte actuellement 120.000 inscrits, adeptes de la location de piscines entre particuliers.
  • La start-up mise sur une offre de qualité et veut permettre à ses usagers de passer du temps en petit comité, pour des anniversaires, enterrements de vie de garçon ou de jeune fille.
  • La crise du coronavirus n’a pas freiné son développement. Depuis le déconfinement, les réservations s’accélèrent.

L’idée de louer sa piscine à des inconnus peut paraître dingue, mais Swimmy a démontré que ce concept intéressait du monde. Le marché de la location de piscines entre particuliers a trouvé son offre et sa demande. La start-up ne cesse de croître depuis sa fondation en 2017 par Raphaëlle de Monteynard.

Avant de faire le grand plongeon, elle travaillait dans la communication. Tandis qu’elle bronzait entre copines autour de la piscine d’une amie, l’idée émerge entre elles : « On s’est rendu compte que chez les voisins, les piscines autour de nous étaient vides, et l’on s’est dit que ce serait génial qu’elles puissent profiter à d’autres personnes. »

Pari fou, pari réussi

Pour mettre à l’épreuve son idée, Raphaëlle de Monteynard contacte plus de 400 propriétaires de piscines et se rend compte que la démarche est trop abstraite. « J’ai senti que tant que l’idée ne serait pas connue et lancée sur le marché, je ne pourrais pas savoir si ça marchait ou pas. » Donc elle l’a fait. Et ça a pris. Le premier été, Swimmy enregistre 1.800 locataires potentiels et 30 propriétaires, pour un résultat de 60 transactions. « À ce moment, je me suis dit que s’il y avait 1.800 locataires, il pouvait y en avoir 3.000, et que s’il y avait 30 propriétaires il pouvait y en avoir 100. Ça restait un pari, mais je me suis dit que je pouvais le tenter. »

Les adeptes sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux. Deux cent trente propriétaires proposent leur piscine à la location en Île-de-France. Avec 120.000 inscrits sur le site et 40.000 réservations attendues pour cet été, Swimmy se développe aussi à l’international. Bien installé en Espagne, le service fait aussi ses premiers pas en Italie, en Allemagne et aux États-Unis.

« On apprécie aussi l’option barbecue ! »

Dominique Courtines et son mari, retraités, louent leur piscine sur Swimmy depuis trois ans. Avec un grand jardin, une pool house, un terrain de tennis, un trampoline et une piscine chauffée depuis cet hiver, leur offre dans les Yvelines est plus attractive qu’une simple piscine. Swimmy souhaite proposer aux locataires un moment de qualité. Il arrive souvent que les locataires choisissent la piscine de Dominique Courtines pour des anniversaires, des enterrements de vie de jeune fille ou de garçon, ou même pour des shootings photo. Le couple Courtines est le plus souvent présent lorsqu’il loue sa piscine, mais dispose d’une autre terrasse et d’un espace suffisant pour préserver son intimité et celle des locataires. Depuis le début de l’épidémie du coronavirus, les amateurs sont d’autant plus nombreux.

Sonia Andrian, aide-soignante dans le Val-d’Oise et maman de deux enfants, a découvert Swimmy à l’issue du premier confinement, il y a un an. Les conditions d’hygiène et l’intimité proposées l’ont rassurée. Afin d’éviter « trop de contacts » et de profiter d’un moment en petit comité, elle préfère Swimmy à la piscine municipale. Mais c’est aussi une histoire de rencontres. Plutôt que de tester d’autres lieux, elle retourne depuis le début chez les mêmes propriétaires, avec lesquels elle a sympathisé. C’est aussi un choix pratique pour elle, puisque la piscine en question se situe à trente minutes en voiture de son habitation à Ermont. « On apprécie aussi l’option barbecue ! » tient-elle à préciser.

Une start-up qui a le vent en poupe

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus, Swimmy poursuit sa croissance bien qu’il soit délicat de distinguer l’effet des mesures sanitaires sur sa progression : « En mai 2020, les réservations ont été multipliées par 10 par rapport à mai 2019, et en juin 2021, on pense multiplier par 7 en comparaison avec juin 2020. » Au total, en 2020, la start-up a généré 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires, et espère tripler ce chiffre en 2021.

En moyenne, les propriétaires gagnent 1.300 euros par saison, en louant une dizaine de fois leur piscine. Pour les plus cotés, cela peut représenter 5.000 à 10.000 euros par an. Dominique Courtines touche environ 300 euros par journée de location, ce qui n’est pas négligeable « pour entretenir sa piscine ». Quant aux locataires, ils paient en moyenne 18 euros par demi-journée. Sur ces sommes, la plateforme prélève une commission de 17 % pour les propriétaires, et de 20 % pour les locataires.