Paris : Anne Hidalgo veut évacuer les consommateurs de drogue du jardin d’Éole avant la fin du mois

CRACK La maire de Paris veut aussi « de nouveaux dispositifs de prise en charge » du crack, qu’elle ne veut plus qu’on appelle « salles de shoot »

20 Minutes avec AFP

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Le jardin d'Eole, aujourd'hui occupé par des toxicomanes sera rendu à ses habitants, promet Anne Hidalgo
Le jardin d'Eole, aujourd'hui occupé par des toxicomanes sera rendu à ses habitants, promet Anne Hidalgo — JOEL SAGET / AFP

La maire de Paris veut de nouvelles « salles de shoot » et l’évacuation des jardins d’Éole avant la fin du mois. Dans un courrier adressé lundi au Premier ministre Jean Castex, Anne Hidalgo demande « de nouveaux dispositifs de prise en charge adaptés aux problématiques de consommateurs de crack ». Ces structures doivent voir le jour « sur plusieurs lieux éloignés des zones résidentielles denses et des espaces de vie », réclame la maire de Paris, confrontée aux tensions entre riverains et consommateurs dans le nord-est parisien, notamment place de la Bataille de Stalingrad.

La maire de la capitale a exigé aussi que le jardin d’Eole, où les consommateurs de crack sont regroupés chaque soir depuis mi-mai afin de soulager les riverains de Stalingrad, soit rendu aux habitants d’ici fin juin.

Bilan « positif »

« Seul un réseau métropolitain de lieux d’accueil et de répit, ouverts de jour comme de nuit, et associés à des solutions d’hébergement avec accompagnement social et médical, est à même de répondre durablement à la détresse des usagers et des riverains », estime encore l’élue socialiste.

Le ministère de la Santé a officialisé vendredi son souhait d’autoriser durablement l’existence de salles de consommation à moindre risque, surnommées « salles de shoot », face au bilan jugé « positif » des deux structures expérimentées à Paris et Strasbourg depuis 2016. Fin mai, l'Inserm a recommandé « une mise à l’échelle nationale » des salles de consommation à moindre risque, dans une étude faisant le bilan des dispositifs français.

Rejet du terme « salle de shoot »

Le cadre dérogatoire qui leur permet d’opérer prend fin en 2022 et une pérennisation nécessite de les inscrire dans la loi avant la fin du mandat présidentiel d’Emmanuel Macron.

Anne Hidalgo souligne dans sa lettre que « le terme de "salle de consommation à moindre risque" a cristallisé des oppositions et suscite un fort rejet de la part de nombreux riverains, alors même que l’idée d’espaces permettant un usage encadré des produits stupéfiants, en dehors de la rue, et favorisant l’entrée dans un parcours de soins, peut faire consensus ».

Un « référent Crack national »

Candidate potentielle à l’élection présidentielle, elle demande l’ouverture à Paris et dans la métropole du Grand Paris « dès cet été, sans attendre les évolutions législatives, réglementaires et budgétaires », de lieux tels que des « postes d’inhalation supervisée, avec encadrement médical et infirmier ».

Hidalgo demande aussi la nomination d’un « référent Crack national » pour « remettre sur ses rails » le plan Crack lancé en 2019. Elle suggère le nom de Jean-François Carenco, ancien préfet de Paris et d’Ile-de-France et actuel président de la Commission de régulation de l'énergie.