Les recruteurs comme des abeilles sur Miel

Carole Bianchi

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Un buzz plutôt fructueux pour Yannick Miel. Au chômage depuis cinq mois, ce jeune titulaire d'un bac +5 en intelligence économique a distribué hier près de 500 CV sur l'esplanade de la Défense (Hauts-de-Seine) dans le cadre de son opération « Jeune diplômé en solde »*. Il avait décidé la veille de mettre son expérience aux enchères sur eBay, avec un prix de départ à 1 euros. Entouré d'une nuée de caméras, Yannick, 23 ans, a été le premier surpris de voir débarquer Martin Hirsch, haut-commissaire à la Jeunesse, pour lui proposer un job de trois mois à son service. A pourvoir dès aujourd'hui. « Des jeunes comme lui, il y en a malheureusement beaucoup, expliquait hier Martin Hirsch, qui souhaite voir Yannick plancher sur l'intégration des jeunes chômeurs diplômés. Il est assez doué. Ça peut être bénéfique pour lui et pour tous les autres. »

Avec son CV grand format accroché autour du cou, l'ancien étudiant bordelais ne s'est pas laissé démonter : « La proposition m'intéresse, mais il faut que je trouve un vrai travail. Si je peux cumuler les deux, alors je suis prêt à tenter l'expérience. » Yannick Miel affirme s'être inspiré d'un cadre américain qui avait tenté l'expérience à Manhattan à l'automne dernier. « J'ai envie que ça change pour l'embauche des jeunes frappés par la crise. Cet été, la une d'un journal économique titrait sur le plein emploi des cadres. J'étais confiant. Je me suis installé à Paris pour me donner toutes les chances. Mais après une vingtaine d'entretiens sans succès, je ne sais pas si je vais pouvoir payer mon loyer de 750 euros à la fin du mois. Tout mon prêt étudiant y est passé », explique-t-il.

Sur l'esplanade, la pile de CV du chômeur part à toute vitesse. De nombreux hommes d'affaires de la Défense écoutent son slogan avec curiosité. « Voici une superpromotion sur les jeunes diplômés. Pratique, et peu coûteux à l'entretien, il apporte le dynamisme dans votre entreprise, il permet de payer vos retraites... ». « Le marché est difficile. Les entreprises gèlent les embauches, les projets. Il a du mérite de faire parler de lui », commente Grégory Clavel, conseil en logiciels. Amusé, Gilles Simon, salarié au département des ressources humaines d'une société de grande distribution a été convaincu. « On cherche 600 jeunes comme lui chaque année pour des postes d'encadrement. Je l'appelle dans les heures qui viennent. » ■

*www.jeunediplomeensolde.fr