Paris : Les intermittents du spectacle quittent d’eux-mêmes le théâtre de l'Odéon

LUTTE Le célèbre théâtre parisien était occupé depuis le 4 mars, lançant un mouvement l’occupation national des lieux de culture

20 Minutes avec AFP

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Le théâtre parisien de l'Odéon était occupé depuis le 4 mars. (archives)
Le théâtre parisien de l'Odéon était occupé depuis le 4 mars. (archives) — Louise MERESSE/SIPA

Les intermittents et intermittentes du spectacle ont quitté d’eux-mêmes l’Odéon, célèbre théâtre à Paris qu’ils occupaient depuis le 4 mars, point de départ d’un mouvement national, ce dimanche. Ils ont évacué les lieux vers 6h du matin, enlevant toutes les banderoles revendicatives sur le fronton et ne laissant que celle-ci, « A bientôt… ». « Rester à l’Odéon c’est devenu un problème d’affrontement avec la direction, ça ne nous intéresse pas », a indiqué Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle. Et de préciser que l’idée maintenant est de « poursuivre ailleurs, pour continuer à batailler le plus longtemps possible ».

Le mouvement d’occupation des théâtres, parti de l’Odéon, avait essaimé dans une centaine de salles à travers la France. Soutenus par la CGT, les intermittents et intermittantes du spectacle et précaires étaient sur les lieux, à l’Odéon, 24h sur 24, pour réclamer une deuxième année blanche en raison de la crise sanitaire et le retrait de la réforme de l’assurance chômage qui entre en vigueur en juillet. Ce mouvement d’occupation avait empêché, selon la direction, la réouverture de ce théâtre au public comme prévue dès le 19 mai avec les représentations de La Ménagerie de verre, chef-d’œuvre de Tennessee Williams, mise en scène par Ivo van Hove, avec Isabelle Huppert en tête d’affiche.

« On ne veut pas empêcher le spectacle »

« La décision du directeur de ne pas donner les représentations de La Ménagerie de verre depuis le mercredi 19 mai, ce n’est pas tenable pour nous, car on veut que ce spectacle ait lieu », a commenté Denis Gravouil. « Nous, on voulait qu’il ait lieu avec une occupation qui nous permette de parler, qui nous permette d’afficher des banderoles mais on ne veut pas empêcher le spectacle. Donc on va permettre aux spectacles de reprendre », a poursuivi le responsable syndical.

Denis Gravouil se montre par ailleurs sceptique sur la réouverture culturelle par étapes depuis le 19 mai : « C’est un leurre, il y a un tiers, un quart, un dixième des gens qui travaillent (…) certains festivals sont annulés ou sont en demi-jauge ; les théâtres privés ont reporté. Donc, déjà, la réouverture ce n’est pas suffisant, elle est partielle ». Ce mouvement d’occupation des théâtres était condamné par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. La responsable politique avait twitté jeudi : « Le moment est venu d’arrêter les blocages, de permettre au public de revenir en sécurité dans les salles, de laisser artistes et techniciens travailler ».

Spécificité française, le régime des intermittents concerne 120.000 artistes, techniciennes et techniciens indemnisés chaque année avec comme condition d’avoir travaillé 507 heures sur douze mois. Emmanuel Macron leur a accordé une année blanche qui expire en août et qui a été récemment prolongée de quatre mois.