Paris se déclare « zone de liberté LGBTQI+ »

RIPOSTE Jean-Luc Romero-Michel, adjoint d’Anne Hidalgo, en charge des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations portera un vœu lors du prochain Conseil de Paris afin de déclarer l’ensemble de la capitale « zone de liberté LGBTQI+ »

A.L.
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La mairie de Paris aux couleurs des drapeaux américain et de la communauté LGBT, le 13 juin 2016 (Illustration).
La mairie de Paris aux couleurs des drapeaux américain et de la communauté LGBT, le 13 juin 2016 (Illustration). — BERTRAND GUAY AFP

C’est une déclaration qui peut sembler symbolique, mais qui intervient dans un contexte européen tendu sur le sujet. En cette Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, la ville de Paris envisage de se déclarer « zone de liberté LGBTQI+ ».

Concrètement, Jean-Luc Romero-Michel, adjoint en charge des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations, portera un vœu en ce sens lors du prochain Conseil de Paris. Des « mesures concrètes de protection et d’accompagnement des publics LGBTQI+ » seront alors annoncées, tandis que la ville affirme renforcer ses programmes de formation aux LGBTQIphobies des agents et agentes de la Ville de Paris.

« Inquiétant recul des droits »

Une plaque commémorative dédiée à Jean Diot et Bruno Lenoir rue Léopold-Bellan, les deux derniers Français connus pour avoir été condamnés à la peine de mort en raison d’une pratique homosexuelle, sera également dévoilée ce lundi.

La mairie souligne « l’inquiétant recul des droits et la répression qui s’abat sur les personnes LGBTQI+ dans le monde ». A titre d’exemple, depuis l’année dernière, près d’une centaine de collectivités locales polonaises se sont proclamées « zones sans idéologie LGBT ». En avril, le leader des conservateurs nationalistes polonais au pouvoir Jaroslaw Kaczynski a dénoncé la communauté LGBT comme une « menace à l’identité, à la nation et à l’Etat polonais ».

La mairie de Paris n’est d’ailleurs pas la seule organisation à s’inquiéter des droits LGBT. En mars, le Parlement européen a adopté une résolution proclamant l’Union européenne « zone de liberté » pour les personnes LGBT. En mai, un collectif d’élues et d’élus de La République en marche a publié une tribune incitant à « déclarer Paris zone de liberté LGBTQI+ ». Ils ont donc été entendus par la mairie de Paris.