Une France « comme chez nous »

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« Un lieu représentatif de la France normale. » Par cette phrase, Christine Albanel, la ministre de la Culture, avait qualifié Coulommiers (Seine-et-Marne) et justifier son choix de ville test du « tout numérique » en novembre dernier. Pour la même raison, Jean-Thomas Ceccaldi y a posé sa caméra entre février et décembre. Objectif : tourner deux épisodes de 52 minutes sur le quotidien, les préoccupations et les idées politiques de Français de tous milieux. « On ne voulait pas une ville marquée par les problématiques de la banlieue ni un lieu complètement rural, explique François Landesman, le producteur. Coulommiers présentait un joli équilibre. » France 5, qui diffuse le documentaire Comme chez nous ce soir, précise : « C'est une ville comme des dizaines d'autres, un miroir de la France. »

A l'écran défilent des gens ordinaires. Une galerie de personnages qui partagent des tranches de vie et commentent l'actualité de 2008. Nathalie, serveuse, cumule les heures supplémentaires et dit « Merci Sarkozy ». Catherine, seule avec son fils Maxime, confie : « Pour moi, c'est la crise depuis quinze ans. » Eric, l'agriculteur, suit avec inquiétude les cours des matières premières sur son ordinateur. Suzanne, retraitée, interroge son banquier : « Vous me dites que vous avez des fonds propres, mais où ? J'ai jamais compris ce que les banques faisaient de leur argent ! » Il y a aussi Félicien, originaire du Congo, qui attend sa naturalisation et Philippe, l'assureur, qui l'avoue : « J'ai conscience du fait que je suis un privilégié. » Portraitisé également : Franck Riester, le jeune - et ambitieux - maire (UMP) de la ville. Jean-Thomas Ceccaldi aimerait d'ailleurs continuer à filmer ses personnages pendant tout un mandat municipal. ■Lise Martin